Saevus

Lundi 15 février 1 15 /02 /Fév 14:29

Dernière partie de Saevus, vous trouverez ici le fil de la campagne que je proposais pour découvrir le monde.

Le monde en 1577


Ce chapitre décrit le monde en 1577, pour cela, vous pourrez lire les différentes petites nouvelles qui mettent en place une intrigue et une ambiance (un univers). Cette intrigue vous servira en plus de base pour monter la suite de la campagne entamée dans le chapitre précédent.

Giovanni entre dans la danse

Voilà cinq ans que Luan et ses deux compagnons, Diane et le frère Renaud, cherchent désespérément la source de la Saevelia. Ils ont pris position à Naples chez leur ami Claudio. Grâce à son immense fortune et son envie de se venger de celui qui l'a empoisonné au mariage, ils ont accès à de nombreux moyens.


Un jour, alors que le désespoir commençait à s'inviter, un homme frappa à la demeure de nos héros. Il se présenta sous le nom de Père Giovanni. Il leur raconta une histoire qu'ils n'avaient pu imaginer. Il était un des conseillers du Pape, et ce dernier avait tout fait pour créer une sorte de drogue qui permettrait d'anéantir les protestants de la surface de l'Europe.


Giovanni avait été obligé de s'exécuter mais tentait par tous les moyens de résister et de trouver un vaccin en vain.
 

Luan et les autres étaient atterrés, voilà cinq ans que la papauté n'arrêtait pas d'accuser les protestants d'avoir causé ce désastre, le diable d'avoir engendré cette maladie. Certains parlaient d'une punition divine à l'encontre de ce pays souillé qu'était devenu la France. Oh bien sûr, les pays frontaliers avaient soufferts, la Flandre et une partie de la Hollande avait sombré, et étaient devenus une partie du Territoire Sauvage.
 

Giovanni leur expliqua qu'il avait entendu parler d'eux, qu'ils étaient à la recherche d'information sur la Saevelia, et qu'ils seraient certainement intéressés par la recherche d'un antidote. Il a travaillé longuement là dessus, et dernièrement il a trouvé un indice. Il se pourrait que dans la ville de Marvejol, lieu où le protestantisme était bien implanté, se trouve un lieu de culte qui aurait été acteur dans les faits et qu'il y aurait certainement des indices à récupérer là bas.


Luan s'entretiendra longuement avec Giovanni afin de préparer cette excursion en Territoire Sauvage.

Entrevue entre le Pape et Giovanni


Monseigneur, tout s'est passé comme vous le souhaitiez. Ces fouineurs vont partir pour Marvejol prochainement. Soit ils y resteront, soit nous les cueillerons à leur retour. Heureusement que ces stupides protestants sont tombés entre nos mains. Ah, ça il a fallut les torturer un peu afin d'apprendre l'histoire du frère Mathieu, et cela aurait pu être dangereux pour notre thèse s'ils avaient commencé à parler de ce qu'ils savaient.


Je me demande comment ce Mathieu a pu tomber sur des lettres qui avaient été envoyées à nos divers pourvoyeurs de Saevelia. Je me demande s'il n'y a pas eu des traitres lors de cette opération. Quelqu'un qui serait allé parler, pris de remords.


Non ne vous inquiétez pas, ces lettres ne nous incriminent pas directement. Luan et ces amis penseront que j'ai vu juste, et que vous êtes vraiment horrible. Je récupérerais les indices et les brulerais, ayez confiance.

Enfin, l'affaire est en passe d'être réglée, on va faire d'une pierre deux coups, se débarrasser de gêneurs et de preuves qui pourraient être compromettantes.


Certes, nous ne sommes pas sûrs des lettres qui sont réellement en leur possession, mais il serait dommage de prendre plus de risque. Imaginez Monseigneur la réaction de la population. De plus, toute cette histoire a accrue la foi de nos pratiquants, il serait dommage que cela s'arrête.


Bien Monseigneur, je vous laisse vous reposer.

Dans les appartements de Claudio


- L'homme qui vient de nous rendre visite nous a proposé une piste pour notre affaire, Claudio. Luan était excité par la perspective de pouvoir enfin avancer sur leur enquête.

- Tu dis qu'il fait parti de l'entourage du Pape? En quoi peut-on lui faire confiance?

- Ce n'est plus une question de confiance ou non, même si c'est un piège, cela nous permettra d'avancer, c'est tout ce qui compte !

- Bien, et comment comptes-tu entrer sur le territoire Sauvage? A l'est la passe qui se trouve entre la Moselle et le Rhône est étroitement gardée, une muraille court le long de cette bande de Terre. La Moselle, le Rhin et le Rhône sont surveillés eux aussi par des gardes qui passent régulièrement sur des bateaux. Écoutes-moi bien, les pays se sont alliés contre cette nouvelle menace. Tous les budgets militaires sont entièrement tournés vers la garde de ces trois fleuves, de même au Sud, avec l'Ebre et la bande de terre entre le fleuve et l'océan Atlantique. Par quel miracle comptes-tu entrer là bas?

- Allons Claudio, tu sais bien que certains Saevilis arrivent à passer entre les mailles de ces filets. Qu'ils sont d'ailleurs ensuite traités comme des bêtes. Mais le prêtre a un plan. Il connait un noble de haute lignée qui va organiser une chasse à cour de Saevilis. Nous participerons en tant qu'écuyer. Une fois dans le Territoire Sauvage il sera facile de s'éclipser.

Claudio fit une moue, l'idée que des gens chassaient les Saevilis comme des bêtes lui semblait abjecte.

- Bien, si tout cela est si bien réfléchis, qu’attends-tu de moi? Une bénédiction?

- Non. Des fonds, nous avons besoin d'aller à Genève. Et nous auront besoin d'aide pour sortir du Territoire Sauvage et revenir ici.

- Tu auras tout ça bien sûr. Prenez garde à vous, et surtout méfiez vous de ce Giovanni.

- Merci Claudio, nous arriverons à te rendre le sourire que tu as perdu lors de ce mariage. Comptes sur nous, nous te devons ça, toi qui nous a sauvé la vie à Paris.

Dans les rues de Naples


Pendant que Luan mettait les derniers détails au point avec le concours de Diane. Frère Bernard scrutait les alentours. Ils s'étaient assis à l'auberge du Veneur, ils avaient une vue bien agréable sur l'ensemble de la ville.

Seul inconvénient, ils étaient à deux pas du camp retranché où les Saevilis qui avaient été retrouvés dans la région étaient incarcérés.


Les traitements infligés à ces réfugiés étaient très divers. En Espagne, il était courant de trouver de grands champs parsemés de cage enfermant des Saevilis qui mourraient à petit feu. Mais, on disait que l'inquisition en récupérait la plus grande partie afin de leur faire subir les plus horribles tortures. Ainsi les inquisiteurs pouvaient apprendre l'art de la torture. Certaines personnes revenues d'un voyage en Espagne parlent aussi de créatures difformes parcourant les chemins la nuit tombée.


En Italie, on récupérait ces pauvres ères pour les faire travailler dans des mines ou dans d'immenses forges. Bien sûr, le taux de mortalité était très important. Cela n'excluait pas l'érection de quelques gibets le long des routes, mais en un nombre incomparablement plus faible que son voisin Ibérique.


Dans le Saint Empire Germanique, cela dépendait un peu de l'humeur du Seigneur local. On retrouvait un peu de tout, gibets, camp de travail...


Dans d'autres cas encore, les Saevilis étaient mis en charpie par les habitants locaux.


Ce qui étonnait le plus ces derniers temps, c'était le fait que certains Saevilis n'étaient pas de suite reconnus. Bien sûr face à ces créatures, on s'attend à une parodie d'être humain, écumant de rage, ne sachant produire que des borborygmes quelconques, sans réel signe d'intelligence. Et bien, il est à souligner que ces derniers temps, certains spécimens ont fait illusion l'espace de quelques heures. Les nobles et le clergé trouvaient que cela dénote une fois de plus le coté frustre de la plèbe.


Frère Bernard fut arraché à ses rêveries, Diane et Luan avaient fini leur conciliabule et étaient prêts à passer aux achats. Ils voulaient s'équiper pour ce long périple qui allait déjà les mener à Genève.

Sur la route de Genève


Voilà trois jours qu'ils étaient coincés avec ce couple étrange. Luan était extrêmement tendu, même s'ils étaient partis de Naples avec de la marge pour arriver dans les temps à Genève, ils n'étaient plus très loin d'ailleurs de leur objectif, à peine quatre ou cinq jours. Mais Luan ne voyait pas la fin de l'histoire dans laquelle ils s'étaient fourrés.


Trois jours auparavant, ils avaient été alertés par des bruits de course poursuite. Des chiens semblaient pourchasser du gibier. Mais arrivés sur les lieux, ils virent dans une clairière un couple coincé au milieu d'hommes passablement éméchés. Diane avait proposé d'attendre de voir ce qui se passe, alors que le frère Bernard voulait qu'on porte secours aux deux voyageurs immédiatement.


Ils attendirent patiemment, Luan ne voulait pas interférer au hasard, sans savoir ce qui se passait. C'est quand les hommes se mirent en tête de prendre la femme que les trois compagnons décidèrent d'intervenir. Ils n'eurent aucun mal à se débarrasser des sacs de vin sans réellement leur faire de mal. A ce moment là, Luan ne s'imaginait pas quels problèmes il allait avoir.


Il s'avéra par la suite que l'homme était un Saevilis et la femme par contre n'avait rien. Elle leur expliqua que son mari l'avait défendu contre d'autres malades, heureusement il semblait y avoir entre les Saevilis un certain respect. Son mari ne semblait pas aussi hystérique que les autres, c'est pour cela qu'elle a voulu s'enfuir dans un autre pays, le Territoire Sauvage étant trop dangereux pour elle.


Après six jours de planque, Luan décida que les environs devaient s'être calmés et que l'on n'allait plus s'occuper d'eux.


La femme fut reconnaissante envers les trois aventuriers. Mais elle leur demanda un service. Elle a entendu durant leur évasion que des Saevilis comme son mari vivaient à Montauban. Or leur fille s'y trouvait durant le grand désastre :
«- Elle s'appelle Isabelle Lièvre, pouvez vous y faire un tour et voir comment elle va? Nous comptons nous installer en Italie du Sud car mon mari y a de la famille, nous espérons que tout ce passera bien.
- Si jamais vous avez de quelconques ennuis, passez voir Claudio di Natale à Naples, c'est un riche marchand qui vous aidera. Dites-lui que vous venez de la part de Luan. »


Sur cet échange, les deux groupes se séparèrent. Ils avaient assez perdu de temps ici dans les Alpes. Ils devaient encore arriver à leur objectif qui était Genève s'ils ne voulaient pas perdre leur billet d'entrée dans le Territoire Sauvage.

Journal de Luan, premier jour de chasse


Les aboiements des chiens, excités depuis des jours, étaient assourdissants. Les hommes eux, étaient ivres de sang. Une envie de carnage se lisait sur tous les visages. Apparemment l'ensemble des participants était ici pour pouvoir donner libre cours à des penchants bestiaux. On se serait presque crut au milieu de Saevilis tellement la tension était palpable.


Je pense que si nous n'avions pas croisé notre premier Saevilis aujourd'hui, les hommes se seraient battus entre eux.  Le pauvre, il n'a pas du bien comprendre ce qui lui arrivait, une cinquantaine d'hommes à cheval l'encerclant, le faisant courir de ci de là, tel un chat qui joue avec sa souris. Heureusement pour lui, les souffrances physiques n'ont pas duré, les hommes étaient trop ivres de rage pour pouvoir se contenir. Le premier coup fut donc mortel.


L'ambiance qui règne est réellement malsaine. Les prostituées payées pour l'occasion ne chôment pas, et c'est à cause de cela que Diane s'est déjà fait accostée plusieurs fois, heureusement qu'elle a du répondant.

Quelques écuyers semblent eux aussi débordés, surpris par la haine ambiante. J'aimerais proposer à l'un d'eux de venir avec nous, mais Frère Bernard pense que cela serait trop risqué. Nous ne devons pas prendre de risque, notre mission est trop importante. Nous attendrons sûrement quelques jours avant de nous lancer dans notre entreprise. Un soir où les hommes auront étanché leur soif de sang et seront fin saouls.

En route pour Morjeval


Ils n'arrivaient pas à dormir, des cris déchiraient la nuit, des hurlements inhumains s'élevaient ici et là. Les premiers jours, ils avaient traversés de vastes plaines, et étaient restés au large des diverses villes rencontrées. Plus ils s'éloignaient des frontières, plus il leur semblait que la « vie » était importante.


Un jour, ils décidèrent de se rapprocher d'un des villages, ils étaient non loin de Lyon. Il semblait déserté depuis de nombreux jours, mais ils savaient qu'ils devaient se montrer prudents. Au bout d'un certain temps
d'observation, ils pensèrent qu'il était effectivement désert. Diane fut choisie pour servir d'appât. Elle partie toute seule au village, prudente. Les deux hommes restèrent à distance, et ne la quittèrent pas des yeux.


Ils fouillèrent quelques maisons, trouvèrent des ustensiles, de la nourriture moisie, et du vin qui semblait encore bon. Quelques ossements montraient le passage des Saevilis, on voyait la morsure de dents humaine, typique du rognement.


Ils furent alertés par une odeur suspecte, une odeur de fumée. Ils se dirigèrent vers le lieu qui semblait à l'origine de cette odeur. C'était à l'écart du village, une petite clairière qui se trouvait à quelques centaines de mètres de là. Celle-ci semblait toute fraiche, les souches des arbres l'attestaient. Au centre, les restes d'un brasier.


Ils passèrent au peigne fin l'ensemble de la clairière afin de savoir ce qui avait pu se passer ici. Au bout d'un certain temps, ils purent affirmer que des humains avaient été brulés ici, sûrement déjà morts pour la plupart. D'autres traces indiquaient que des cavaliers étaient passés dans le coin. Cela semblait bien trop loin des frontières pour être réel. De plus, de ce qu'ils en savaient, les Saevilis n’avaient jamais monté des chevaux.

Puis alors, qu'ils allaient repartir, Diane vit un symbole gravé sur un tronc : une sorte de croix dans une triangle. Ils n'avaient jamais vu cela, si ce n'est dans un ancien ouvrage sur … non ça ne pouvait pas être cela, c'était tout bonnement impossible.


Ne voulant pas tomber sur des Saevilis en restant trop longtemps au même endroit, ils repartirent la tête perdue dans d'étranges pensées.

Morjeval


« Courrez!!!! »


Le cri de Luan retentissait fort entre les diverses battisses de la bourgade. Ils étaient poursuivis par des dizaines de Saevilis qui n'avaient sûrement pas vu d'êtres humains depuis longtemps. Au détour d'un chemin, Diane entra dans la première maison qu'elle trouva, à peine rentrés, nos trois héros chutèrent dans un vaste trou. Ils se relevèrent difficilement, jetèrent un coup d'œil en haut. Mais le sol semblait bien trop haut.


« Par là. »


Le frère Bernard pointait vers une cavité naturelle qui s'enfonçait dans les entrailles de la terre. Ils coururent de plus belle.


Au bout d'un certain temps, ils ralentirent. On n'entendait plus de bruits de course poursuite et ils en avaient marre de trébucher régulièrement. Mais, ils étaient équipés, ils avaient des torches avec eux dans leur barda.


« Courage mes amis, continuons, nous trouverons bien une sortie. »

Ils avancèrent ainsi de nombreuses heures, de temps en temps, ils s'arrêtaient, ils entendaient du bruit, des cris. Heureusement, ils ne croisaient personne.


Il semblait à Diane que les Saevilis les poussaient à un endroit bien précis, car à chaque fois qu'ils essayaient de changer de direction, des cris provenant des nouveaux tunnels les forçaient à continuer dans le même.

Quand elle émit cette hypothèse, Luan et Frère Bernard répondirent en cœur que les Saevilis n’avaient aucune intelligence et ne seraient donc pas assez malin pour élaborer un tel stratagème. Malgré cela Diane restait plus que jamais sur ces gardes.

Le retour


Le bateau les attendait au large. Luan regarda la horde de Saevilis qui les avait suivis jusque là. Qu'allait-il faire? Diane proposa d'aller elle même annoncer tout cela à Claudio. Et qu'elle reviendrait dés que possible pour les aider.


Voilà maintenant deux semaines qu'ils les avaient rencontré à Montauban, deux semaines qu'ils les prenaient pour leur dieux, ils avaient en effet été mordus tout en restant indemne. Finalement l'épisode de Caylus avait permis bien des miracles. En plus de les immuniser contre la maladie, ils avaient maintenant une odeur caractéristique.


Luan avait assez vu d'injustice envers les Saevilis pour avoir envie de les aider. Ils pouvaient vivre en paix sur le Territoire Sauvage à condition que les pays voisins arrêtent leurs traques et leurs chasses à cour. Voilà le message qu'il allait faire passer. Mais, il était bien conscient que cela passerait par le sang.


Explications pour le Meneur et Fins alternatives

"Chaque époque laisse plus de traces de ses souffrances que de son bonheur : ce sont les infortunes qui font l'histoire."

Johann Huizinga
Extrait de Le déclin du Moyen-âge

Fins alternatives


Dans le chapitre précédent, la fin de la campagne amène les joueurs à mener la révolte des Saevilis contre un monde qui les traite comme des bêtes. D'autres fins sont plus qu'envisageables.

- Les joueurs peuvent aussi remonter la pente de l'origine de la Saevelia et ainsi trouver un antidote, sauver les Saevilis et inculper la papauté.

- Les Saevilis pourraient se révolter, en imaginant par exemple que les joueurs sont emprisonnés un certain temps à Montauban, et lorsqu'ils sont libérés, le monde est à feu et à Sang et une immense guerre mondiale entre les humains et les Saevilis est engagée. La part des Saevilis « civilisée » chutera dramatiquement.

- Et enfin on peut imaginer un mix, les joueurs mènent le carnage du monde actuel afin de devenir les garants d'un nouveau monde plus juste. Ou pour simplement en être les maitres.

Le symbole mystérieux


Parmi les différentes possibilités de la source du symbole trouvé dans la clairière, citons :
- Ce symbole a été créé par un groupe de Saevilis évolué, ils se sont inspirés d'un ancien symbole utilisé par les Croisés les plus fanatiques et extrémistes.

- Autre possibilité, ce symbole correspond à un ancien ordre des templiers qui n'a pas disparu et qui cherche à éradiquer les Saevilis. Cela créerait un nouveau pion sur l'échiquier des forces en présence qui serait contre les joueurs.

Comment mener la campagne


Pour mener à bien cette campagne, il faut tout d'abord que les joueurs aient une raison d'en vouloir à celui qui a propagé la Saevelia. Il faut donc qu'à un moment donné, ils aient perdu des êtres chers. Soit ils sont devenus des Saevilis (ce qui impliquerait qu'ils veulent retrouver le vaccin), soit ils sont morts.

Second point important, vous n'êtes pas obligé de faire intervenir Giovanni tout de suite, faites donc vivre deux ou trois aventures à vos joueurs. Des fausses pistes dans leur quête du sérum, qui les feront se balader dans le Territoire Sauvage avant Morjeval.

Par Heuhh - Publié dans : Saevus
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Dimanche 31 janvier 7 31 /01 /Jan 19:17
Voici la suite de mon œuvre pour les Demiurges, ici vous trouverez le scénario d’introduction. Autant l’avouer, ce n’était pas ce qui m’intéressait le plus. La suite sera plus intéressante.

Scénario : La Saint Barthélémy

Dans ce scénario, les joueurs vont être mis pour la première fois en contact avec la drogue Saevelia. Ils auront le loisir de remonter un peu à l’origine de celle-ci, mais surtout, ils se rendront compte qu’il s’agissait là d’un test sur un échantillon, qui est amené à être répété à plus grande échelle.

L’origine du Saevelia

Les informations qui suivent, sont un peu la quête du Graal des joueurs. La campagne qui sera décrite par la suite, a pour but d’emmener les joueurs à découvrir tout les secrets présentés ici.

Tout cela commence au début des années 1520, Martin Luther est excommunié et sa doctrine commence à se répandre au Saint Empire Germanique mais aussi en France. Jean Calvin lui propagera en France le Calvinisme (apparenté au Luthérisme).

Dés 1523, la papauté prend la mesure de la menace qui se propage. Un jeune évêque Giovanni Parccio, souffle une idée qui paraîtra fantaisiste mais qui par chance pour lui, arrivera aux oreilles du Pape. L’idée était de tuer dans l’œuf l’éclosion du protestantisme (qui ne s’appelait pas encore comme tel). Giovanni suggéra qu’une révolte suffisante des catholiques pouvait amener à une éradication du mal incarné par ces mouvements séditieux.

Très vite les idées de Luther vont s’imposer dans le Saint Empire Germanique, cela rendra le Pape fou furieux. Il décida, conseillé par Giovanni devenu responsable du « remède », de finalement créer une drogue qui rendra les catholiques fous de rage, se qui leur donnera la force et l’élan nécessaires pour se débarrasser des protestants.

La première cible était la France, celle-ci commençait à subir les influences protestantes, elle était donc la candidate parfaite pour le test avant de s'attaquer au Saint Empire Germanique. Giovanni ayant les pleins pouvoirs sur le sujet décida en 1570 d’effectuer les premiers tests après de longues années de recherche. Ces tests furent effectués à Caylus, un petit village du sud de la France. La drogue prendra le nom de Saevelia, tiré de Saevus, enragé, furieux en latin.

Ce test fut un semi-échec, les personnes droguées ne furent enragées qu’un temps trop court, quelques minutes et se réveillaient sans souvenir. Or l’idée de Giovanni était plutôt que les catholiques touchés soient conscients de leurs actes et que cela dure plusieurs heures au moins.

Malgré cet échec, il gardait la confiance du Pape. Lorsque ce dernier eu vent du mariage qui allait avoir lieu à Paris fin août 1572 et voulant éviter toute paix avec les protestants, il précipita les nouveaux essais de Giovanni. Celui-ci envoya donc une drogue non testée et fortifiée à Paris.

La drogue marcha au delà des espérances de leur créateur. Le massacre de la Saint Barthélémy eu lieu le 24 août 1572 à Paris, des milliers de protestants furent massacrés dont une grande partie des leaders. Le massacre se propagea aux campagnes et dans toute la France.

Ce que Giovanni n’avait pas prévu, c’est que sa drogue avait muté et se comportait comme un virus. De plus, elle était devenue virulente à un tel point, que même cinq ans après, on ne connait aucun cas de contaminés redevenus normaux. Pire, les cas de contagion sont nombreux à tel point que la France n’existe plus, et est devenue le territoire des Saevilis (ceux qui sont touchés par le Saevelia) que tout le monde appellent le Territoire Sauvage. Mais cela sera expliqué dans un deuxième temps, passons directement au scénario d’introduction.

Le scénario

Peu importe ce qui réunira les joueurs à Caylus, ce qui compte c’est que le 22 novembre 1570, ils y soient. Faites donc une création en groupe, pourquoi ils se connaissent, qu’est ce qui les motive, etc… Cela fait, trouvez une excuse liée aux motivations du groupe. Cela peut être peut être qu’ils ont fait l’armée ensemble, qu’ils jouent depuis tout petit dans le village de Caylus ensemble… Faites en sorte, qu’au moins un joueur soit un tant soit peu important (un noble par exemple ou un gradé de l’armée).

La raison de leur venue à Caylus en ce jour devra être liée à une personne, qu’ils doivent retrouver, rencontrer, kidnapper… Il faut que ce soit quelqu’un à qui ils tiennent un minimum, pas forcément pour de bonnes raisons. Ca peut être aussi un retour à la maison. A ce moment là, ils tiennent sûrement à beaucoup de gens. Ce qui serait aussi un plus est que cette personne soit commune à tous les joueurs.

Scène 1 : Le mariage

Comme on l’a dit, les joueurs sont des personnes importantes de Caylus (soit de passage soit ils y vivent) et ils ont donc été invités par Henri De Montesquiou, le seigneur des lieux qui marie sa fille Loïse à Gaston de Mirepoix. Le mariage se déroule dans l’enceinte même du château.

Jacques l’évêque officiant à ce mariage est un séide de Giovanni, il profitera du vin de Messe pour droguer les invités catholiques des noces. Dans le cas où les joueurs sont protestants, soient ils ne seront pas invités à la fête soit ils seront acceptés exceptionnellement.

La cérémonie à l’église se passe très bien, Jacques orchestre cela comme quelqu'un d’expérimenté, ayant l’habitude d’officier. Ensuite, les joueurs pourront discuter avec les mariés et avec le maitre des lieux. Simon de Mirepoix est là avec sa femme Robine.

Parmi les convives se trouvent Claudio di Natale un riche marchand Napolitain se prenant pour un noble. C’est un proche ami de la famille De Montesquiou. L’homme est excentrique et passe même un peu pour avant-gardiste dans ses idées. Bien que catholique pratiquant il reste ouvert surtout s’il pense pouvoir faire affaire avec la personne.

Claudio sera utile lors de la suite de la campagne, il les aidera à fuir la France lors de la Saint Barthélémy. De plus, il leur permettra d’avoir un pied à terre italien. Attention quand même à ne pas lui attirer des ennuis, il serait dommage que le Pape ait vent des manigances, il serait capable du pire envers Claudio.

Faites vous plaisir avec ce personnage, il doit s’enticher d’un de vos joueurs et limite devenir un ami, un pote de beuverie. La Saevelia ne prend effet que trois quatre heures après l’ingestion, ils ont donc le temps de s’amuser, boire et danser.

Un joueur très attentif peut se rendre compte que l’évêque semble peu à l’aise durant les festivités, si on lui pose une question, il prétextera des maux de ventre et quittera même, peu après, la soirée.

Dans la série détail important à faire passer à vos joueurs, il est intéressant de glisser très discrètement, de manière anodine que la famille de Montesquiou n’est pas dans les petits papiers des catholiques français. Il est de notoriété quasi publique, qu’ils sont pour une France libre de culte et donc par là même, ils ne luttent pas activement contre les protestants. Ceci explique le choix de la cible de Giovanni.

A un moment donné, quand vos joueurs auront assez pris de bon temps, racontez-leur que des invités s’écroulent, sûrement à cause de l’alcool. Mais quand même la dame de compagnie de la mariée n’avait pas touché un verre d’alcool et la voilà qu’elle s'évanouit ? Et lui tiens… Le ou les joueurs ayant le plus faible score en physique s’évanouissent aussi, ainsi de suite jusqu’à ce que les derniers joueurs sombrent dans l’inconscience à leur tour.

Dites au dernier joueur à qui cela arrive (en cas d’égalité demandez un jet sur le physique), que juste avant de tomber dans les pommes, il voit la dame de compagnie se relever. Elle a le regard dément, l’écume aux lèvres, grogne et s’enfuit hors de la salle.

Scène 2 : Un réveil glacé


Les joueurs se réveilleront au petit matin, ils seront dans l’écurie du château de Caylus. Un doux baiser de cheval les réveillera, mais cette scène cocasse sera bien vite chassée par les cris alentours.

S’ils prennent le temps de se regarder, l’un d'eux porte sur lui des tâches de sang. Ils sortent dans la cour du château et là s’aperçoivent que quelque chose de grave s’est déroulé. Alors qu’ils sortaient de l’écurie, un bruit se fait entendre. S’ils fouillent, ils tombent sur Jules, un des apprentis du palefrenier, il semble complètement effrayé et ne reconnais pas les joueurs.

S’ils arrivent à le raisonner, ils pourront remonter le fil du temps et avoir son récit de la fin des événements. Jules leur apprend qu’en fin de soirée (pour un mariage en fin d’après midi), les joueurs sont entrés dans l’écurie tels des bêtes sauvages, ils grognaient et ne parlaient pas, l’un d'eux avait même du sang sur lui. Or Jules avait entendu des cris de terreur venant du château il avait donc décidé de rester cloitré dans les écuries pour éviter de joindre sa voix aux cris.

Alors que les joueurs allaient le trouver, ils se sont endormis, entre lui et la sortie. De peur, il n’osait plus bouger, croyant qu’un seul bruit pourrait les réveiller. Voilà tout ce qu’il aura à dire.

S’ils retournent au château, ils s’aperçoivent qu’il y a plusieurs victimes qui ont été égorgées. Cela devrait rassurer le joueur qui porte du sang sur lui, ses traces  ne correspondent pas à un égorgement.

Parmi les victimes ils trouveront sûrement la personne qu’ils étaient venu voir ici ou des amis, de la famille. Ils trouvent aussi Claudio qui a la gorge et les vêtements ensanglantés, il est encore endormi. A son réveil, il paraitra désorienté, il ne pourra pas du tout aider les joueurs car il ne se souvient de rien lui non plus. Par contre, il sera particulièrement choqué en réalisant qu’il a sûrement tué quelqu’un.

Le seigneur des lieux est lui dans une rage folle. Même si la quasi-totalité des invités est indemne, cet événement le jour du mariage de sa fille est tout bonnement insupportable. Il demandera aux joueurs de prendre en main l’affaire, si cela est adéquat.

Scène 3 : Une enquête orientée

L’objectif de cette scène est de mener les joueurs à Jacques. Le point culminant sera donc la confrontation entre l’évêque et les PJs.

Pour cela, de nombreuses pistes sont possibles. Jacques n’étant pas très versé dans l’art de la conspiration, il n’a pas pris toutes les précautions nécessaires. Giovanni, lui par contre, est un expert qui sait rapidement reconnaître la valeur des personnes, c’est pour cela qu’il n’a pas fait confiance à son pion. Il sera donc impossible pour les joueurs de faire le lien entre Jacques et Giovanni à ce stade de l’aventure.

Bien que les pistes soient multiples, il va de soit qu’il ne faut pas que les joueurs tombent trop facilement sur la source du drame du 20 novembre.

Les joueurs se rendront compte que les principaux témoins et victimes des égorgements sont soit des serviteurs soit des habitants du château n’ayant pas participé à la cérémonie religieuse. Ils décriront les PJs et les autres convives comme des bêtes assoiffées de violences.

Les PJs pourront alors se lancer sur différentes pistes :

Au château : L’intendant du château, Eustache Grosselet, dira aux PJs que de nombreuses nouvelles têtes sont venues au château ses derniers temps, fête oblige. Certains sont venus pour aider à l’organisation des festivités (repas, musique, animations). D’autres étaient là pour assister l’évêque peu habitué à de telles occasions.

Les joueurs pourront être alertés par un soldat, qui en passant faire ses rondes a remarqué que des restes de vin avaient été vidés dans un recoin, sous le chemin de ronde, un lieu peu parcouru en général. L’église ne se trouve pas loin de là.

Au village : Le village de Caylus est assez animé, quelques échoppes garnissent son centre ainsi que trois tavernes / auberges. Parmi elles, se trouve l’auberge de la jonquille qui malgré son nom est un lieu de réunion pour personnes mal intentionnées. Même si à première vue quand on entre, on se retrouve comme dans n’importe qu’elle auberge, si jamais on fait plus attention, certaines personnes à l’air louche entrent et vont directement dans une arrière salle. Le tenancier se prénomme Bernard Pilon, il ne pourra rien pour les PJs si ceux-ci ne se montrent pas un tant soit peu rusés. Cette auberge est relativement reconnue pour ces activités « spéciales », le palefrenier ou l’intendant auront pu mettre les joueurs sur la voie afin qu’ils enquêtent de ce coté-ci.

S’ils arrivent à faire parler l’aubergiste, ils apprendront que Loic Veneur un fermier du coin, malandrin à ses heures, s’est vu confié il y a peu une mission qui semblait anodine mais que le commanditaire a voulu garder secrète. Bernard a réceptionné un petit tonneau de vin, le but était de le transférer dans des bouteilles. Loic quand a lui, devait l’amener au château, dans la salle des provisions.

Les joueurs apprendront tout cela de Bernard ou Loic, s’ils arrivent à se montrer convaincants.

Les responsables de la salle de provision ne seront pas trop utiles, il y a tellement de personnes qui sont venues se servir ce jour là. Même l’évêque est passé par là. Cette dernière information est à donner plus ou moins abruptement suivant l’avancée de l’enquête et suivant le timing que vous voulez donner à la partie.

Quoi qu’il en soit à force de tourner autour du pot, ils en  viendront à questionner le Père  Jacques, celui-ci gardera son calme à la première entrevue, mais si les joueurs lui mettent la pression, celui-ci ne lâchera rien (il a trop peur de l’enfer), par contre il fera tout pour qu’on le tue.

La mort ou l'arrestation de l'évêque sera un coup terrible pour  De Montesquiou. A la limite, il en voudra même aux joueurs d’avoir révélé la vérité. Quoi qu’il en soit, les joueurs n’auront comme seule piste le Larzac d’où provient le vin utilisé lors de la messe. Il proviendrait d’un monastère perdu dans les pâturages aveyronnais.

L’indice qui les met sur la route de la campagne profonde est une lettre adressée au Père Jacques. Cette lettre provient du monastère des quatre sources, elle parle de vin.

Scène 4 : Une cible, la réunion des chefs protestants et catholiques à Paris.

Durant cette scène les joueurs iront sûrement rendre visite au Monastère des quatre sources qui se trouve sur le plateau du Larzac non loin de Laguiole. Ils y découvriront le Frère Anselme qui les aidera du mieux qu’il le peut, si les joueurs y vont de front. Par contre, s’ils se montrent prudents et tentent d’espionner le monastère, ils se rendront compte que les trop hauts murs les empêchent d’obtenir les informations suffisantes pour la suite de leur aventure.

Les joueurs seront accueillis par le frère Anselme qui fera en sorte que leur séjour en ces lieux soit aussi agréable que possible. Il est timide, bégaye un peu, mais se montre relativement vif d’esprit. Il se rendra donc rapidement compte que les joueurs lui cachent quelque chose si jamais ils ne jouent pas franc jeu avec lui. D’ailleurs, s’ils le prennent trop pour un imbécile, ils risquent de se le mettre à dos.

En réalité, bien que tout puisse laisser les joueurs penser le contraire, il n’y a qu’une âme damnée dans ce monastère. Il sera clair que l’ambiance pesante qui règne, l’aura de mystère qui entoure certaines parties du site feront que les joueurs pourront penser que tout les moines sont contres eux. Ce ne sera pas le cas, ils pensent juste que les PJs sont peut être à la recherche de leur secret du cantal ou autre.

Le frère Michel est le maillon faible, il a reçu des caisses venant de Paris avec des directives très claires et des promesses d’évolutions. Ses ordres viennent directement de l'évêché toulousain. Il a reçu directement le tonneau de vin qu’il devait transmettre à l'évêque de Caylus. Il était très clair que cela devait être fait de manière très discrète, et que cela devait être réalisé par des hommes de mains que l’évêque allait lui envoyer.

Le frère Michel est un pleutre qui balancera tout ce qu'il sait à la moindre difficulté. Il proposera de lui-même de les tenir informer de la suite, car il sait de source sûre que d’autres livraisons auront lieu.

Le frère Michel ne donnera pas de nouvelles avant août 1572 soit quelques jours avant la Saint Barthélémy. Il sera l’un des dix intermédiaires qui apporteront les tonneaux de vin trafiqués par Giovanni. La seule chose qu'il sait et peut dire aux joueurs, c'est qu'on lui a demandé d'envoyer de nombreux tonneaux à Paris, que ceux-ci seront pris en main dés leur arrivée, il n'a donc qu'à s'occuper de l'envoi.

Scène 5 : La Saint Barthélémy

Durant cette scène les joueurs vont se lancer dans une course poursuite perdue d’avance, l’histoire étant ce qu’elle est. Par contre, ils arriveront à Paris qui se retrouve dans une situation explosive.

Les tonneaux sont livrés un peu partout dans différents lieux de Paris, n’importe où mais quasiment pas dans les lieux de cultes. Le but est de toucher le maximum de catholiques sans montrer qu'ils viennent du clergé français. Bien sûr quelques protestants y auront accès mais ils seront quantité négligeable à coté de la marrée catholique qui les submergera et qui les massacrera.

Les joueurs ont été, grâce au test réalisé lors de l’incident à Caylus, immunisés à la Saevelia. Maintenant que la drogue a été légèrement modifiée, elle est devenue contagieuse. Cela n’impactera pas les joueurs. Par contre, la furie destructrice des Saevilis n’épargnera personne. Les joueurs jouiront d’une porte de sortie au moment le plus inespéré. Claudio, le marchand napolitain leur proposera une place sur son bateau qui quitte Paris et compte rejoindre l’Italie par ce moyen là. On peut imaginer les joueurs coincés face à une marrée de Saevilis dos à la Seine, et toute d'un coup quelqu'un leur parle dans leur dos : Claudio.

A partir de cet instant, les joueurs tomberont sur de multiples impasses, ce n’est que cinq ans plus tard qu’ils trouveront une piste pour la suite de l’aventure. Libre à vous de faire jouer cette période, ce n’est pas le but ici.

Par Heuhh - Publié dans : Saevus
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Dimanche 24 janvier 7 24 /01 /Jan 19:09
Après la nouvelle d'introduction, voilà l'accroche de Saevus, qui explique le pourquoi du comment...

Accroche

L’univers

Lorsque le thème du concours est paru, je me suis dit que je devais écrire un jeu ayant pour thème l’histoire et surtout se basant sur un fait historique important. Je me suis rapidement tourné vers les guerres de religions du XVIème siècle. Je me disais qu’il fallait aussi un travail en sous-marin d’une organisation qui créerait un événement spécial.
Ensuite, quoi de plus important à cette époque que la Saint Barthélémy, mon événement était donc tout indiqué. Pour le coté mystérieux, il fallait juste donner une raison à cet événement, la papauté est un classique en terme de conspiration, mais pourquoi pas.

Etant fan de zombie et de post-apocalyptique, je souhaitais aussi ajouter cet ingrédient, donc partir sur une manigance papale pour rendre les gens frénétiques (les catholiques), ce qui aurait conduit au massacre des protestants. Une drogue mise au point par le Vatican a donc conduit à la Saint Barthélémy.

Le hic qui change tout est que le Vatican a perdu le contrôle, et cette drogue a mal été maitrisée et s’est finalement propagée à travers le pays. Elle a rendu les gens sauvages et cette sauvagerie est devenue transmissible (ils sont appelés à l’époque des Saevilis). Les symptômes ressemblent à la rage sans l’issue fatale. La France s’est donc transformée en un immense territoire sauvage où règnent des êtres assoiffés de violence.

Les pays alentours ont commencé à créer des frontières s’appuyant sur les limites naturelles, pour cela ils ont principalement utilisé les fleuves, le Rhône,  le Rhin et la Moselle à l’Est et l’Ebre au Sud, ils ont fortifié les passages non limités par ces cours d’eau et détruit tout les ponts permettant de les traverser.

Le but ludique de cette mise en scène est de proposer une réserve d’êtres qui vont finalement créer une société qui leur est propre. Mais ils seront toujours vus comme des bêtes par les pays « civilisés ». Ceux-ci traiteront les rares Saevilis qui arrivent à passer les frontières comme des sous-hommes, ils les enfermeront, les tortureront et organiseront des sortes de ghettos. Les frontaliers iront même jusqu’à organiser des chasses en pleines zone sauvage afin de distraire les nobles.

Bien sûr, la papauté n’hésitera pas à parler de démons créés par les protestants, alors qu’elle est à l’origine de ces maux.

L’aventure

Pour impliquer les joueurs dans cet univers, ma volonté est d’abord de les mettre au centre de la genèse. Le premier scénario, qui sert d’introduction au monde, les amène jusqu’à la Saint Barthélémy où ils se retrouveront impuissants.
Afin de les impliquer avant cela, il faut les mettre au centre des expérimentations de la papauté, celle-ci a bien sûr testé sa drogue sur des échantillons de population. Manque de chance, les joueurs seront parmi les cobayes involontaires. Cela a deux buts, tout d’abord les vacciner contre cette drogue ; mais surtout cela permet de les lancer sur l’origine de cette drogue, ils auront en effet envie de savoir qui les a drogué et pourquoi.

La campagne qui suivra cette partie d’introduction se déroulera 5 ans après la Saint Barthélémy, c’est là véritablement que se déroule ce jeu de rôle. Ces 5 ans ne sont pas prévus en terme de jeu, le but est de retrouver les joueurs après une période trouble où les frontières se sont physiquement fermées.

Cette campagne aura comme fil rouge la quête de la vérité dans cette affaire, et accessoirement la découverte d’un
sérum ou l’acceptation des Saevilis comme des êtres à part entière.

Mais le but est aussi d’émailler cette quête principale de multiples aventures annexes qui permettront aux joueurs de découvrir que les Saevilis peuvent vivre sous une forme de société, et que ce ne sont pas que des bêtes. Pour cela, ils seront envoyés dans la zone sauvage afin d’y remplir différentes missions. Soit pour avancer leur quête principale en retrouvant des preuves, soit en partant chercher des personnes « disparues » dont on croit qu’elles sont en vie, soit pour aider les Saevilis à s’échapper, etc…

Les scénarios pourront donc être de différents types, enquête en zone dangereuse, politique afin de déstabiliser la papauté, action/aventure dans la zone sauvage (car même s’ils se sociabilisent, la plupart restent à l’état sauvage)…
Par Heuhh - Publié dans : Saevus - Communauté : Le coin des rôlistes
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Lundi 18 janvier 1 18 /01 /Jan 11:00
Et bien voilà, le concours des Demiurges est fini pour moi. Un peu déçu certes, j’aurais aimé juste passer ce tour pour avoir un jury plus large… mais content de pouvoir enfin parler de mon jeu. Car même si je lui reconnais certains défauts (notamment le système un peu bancal), au niveau du reste, je suis plutôt content (c'est un peu de ma faute, je n'avais qu'à y passer plus de temps...).

Donc, je vais proposer sur mon blog ce jeu en plusieurs fois, aujourd’hui, c’est une nouvelle d’intro.




Le froid lui perçait les os, à tel point qu’il avait l’impression de se transformer petit à petit en statue. Cela ne faisait que trois heures qu’il se trouvait là à attendre que quelque chose se passe, mais rien. Le calme avant la tempête, mais qu’attendait-elle pour se déchainer ? La pluie tombait drue, elle cascadait depuis son chapeau directement sur ses pieds, le frigorifiant. Il avait tenté de changer de position mais sans succès.

http://www.esteren.org/blog/illustration_JDR_celtique.jpgAnton était allé faire un petit tour pour voir si rien ne bougeait de l’autre coté du village. Qu’il revienne vite, malgré ce qu’il pouvait dire à son camarade, Jean n’était pas très rassuré. Le village, ou plutôt le bourg semblait comme endormit, aucun son ne parvenait aux oreilles du guetteur, pourtant on lui avait bien expliqué qu’ils étaient sûrement là.

Un craquement non loin de là le sortit de sa torpeur, immobile, prêt à se jeter sur le visiteur, il attendit. Quand il aperçut la silhouette d’Anton, il relâcha un soupir qui trahissait la tension.

- Es-tu sûr de ton information ? Rien ne bouge par là bas.
- Ils sont ici, répondit Jean d’un ton plus serein qu’il ne l’était.
- Si jamais c’est vrai, j’espère qu’ils ne se sont pas trompés sur le nombre. S’ils sont plus que cinq, je ne donne pas cher de notre peau.

Le village était composé d’une dizaine de maisons. Le bosquet, dans lequel ils planquaient, se trouvait à quelques centaines de pas de la première demeure. La pluie empêchait de bien apercevoir les détails, mais d’ici il avait quand même une belle vue sur la place centrale, ou plutôt sur la cour centrale où se trouvait un puits. Apparemment, il y avait un forgeron mais aussi une taverne, bien que cette dernière ne devait sûrement pas se limiter à cette activité. La plupart des clients devaient être des fermiers des environs, ou alors des voyageurs. On se trouvait en pleine zone désertique à mi-chemin entre Limoge et La Trémouille.

Jean avait déjà eu affaire à eux, il ne voulait pas fouiller chaque maison du village de peur de tomber nez à nez avec eux dans un lieu clos. Il préférait garder l’avantage de l’effet de surprise, quitte à attendre sous la pluie.

- Allons donc, je ne vois pas pourquoi on m’aurait trompé.
- Et si d’autres les avaient rejoint ? On ne serait pas dans la merde tout les deux. Pourquoi ne pas avoir attendu quelque renfort, ou embaucher deux ou trois types ?
- Tu voulais peut être partager la prime ?
- …

Anton se renfrogna, s’il y avait bien quelque chose qu’il plaçait au dessus de tout c’était bien l’argent.
Il aurait été capable de vendre sa famille pour de l’or.

Soudain, la place s’anima, ils virent un homme s’avancer vers le puits, il devait sûrement sortir d’une des maisons. Où étaient les autres ? Voilà la question obsédante de Jean. Il ne voulait pas tomber entre leurs mains. Il fit signe à son comparse de s’approcher du village en profitant d’un petit muret pour lui servir de couvert. Anton s’exécuta.

Une deuxième silhouette, sûrement une femme, apparut elle aussi, trainant quelque chose derrière elle. Un sac apparemment, mais ils savaient que ce n’était sûrement pas le cas. On leur avait dit qu’ils étaient trois, il en manquait donc un. Ils attendirent quelques minutes. Les deux silhouettes s’étaient posées sur le rebord du puits. Elles plongeaient alternativement leurs mains dans le sac afin d’en retirer ce qui devait être de la nourriture. Parfois, il semblait que cette nourriture était attachée au sac, car ils tiraient de toute leur force, comme pour arracher quelque chose.

Jean retint un haut le coeur, il savait que ce sac n’en était pas un. Qu’il s’agissait en fait d’un corps inerte, sûrement un des habitants du village. Mais que faisait donc le troisième larron pendant que ses compagnons prenaient leur repas ? Peut être, après tout, que son information était erronée, ou même que le troisième larron était ce sac. Quels êtres stupides, ils sont là, offerts à nos arcs à découvert, ils étaient encore plus bêtes que des animaux.

Jean entendit à peine l’homme arriver par derrière, il ne perdit pas connaissance tout de suite, mais le coup le fit culbuter en avant. Il fut cloué au sol par un poids sur son dos. Quelqu’un le maintenait au sol.

Il vit Anton se retourner, une lueur d’effroi dans ses yeux, il avait une flèche encochée, mais hésitait ne voulant pas toucher son comparse. Jean jeta un regard à la place du village, seul le sac était encore là. Anton fit de même, et se mit à fuir, il était trop tard. Il fut fauché par une silhouette. La dernière pensée de Jean fut envers Guillaume, un collègue, qui lui avait toujours répété qu’ils étaient bien trop primitifs pour s’organiser et tendre des pièges. Pourtant, à cet instant là, il se sentit plus chassé que chasseur.

(photo tirée des Ombres d’Esteren)
Par Heuhh - Publié dans : Saevus
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