Lucius - Chapitre 3 - François (révisé)

Publié le par Heuhh

 

 

Voici le troisième chapitre de la nouvelle « Lucius ». Je n’ai pas retouché grand-chose sur celui-ci. Mais un des buts de ces révisions est aussi de me remettre l’histoire en tête que je puisse la finir.


  Lucius - Chapitre 4 : Haqim (révisé)

Lucius - Chapitre 2 : Sue (révisé)

Lucius chapitre 1 (révisé)

 


Chapitre 3 : François

 

Six ans plus tard, An 3 AV LF

 

« Capitaine ! Nous avons reçu un message du QG. » La Vedette était très jeune, l’EFA recrutait tout ceux qui pouvaient se battre, pour François il aurait mieux fallu un recrutement moins « imposé » pour avoir de vrais soldats fiables et non des gamins prêts à fuir devant n’importe quel danger.

 

« J’arrive ! Veuillez prévenir le sergent. » Voilà plus d’une semaine qu’ils campaient ici lui et la vingtaine de soldats qui l’accompagnait. Il aimait à s’isoler au sommet de cette falaise, l’emplacement avait une très belle vue sur la vallée et les vestiges d’une ancienne grande ville qui gisaient au loin, de chaque coté d’un fleuve. Il adorait contempler ces restes d’une civilisation barbare désormais disparue, à chaque fois il tentait de s’imaginer la vie d’antan et toutes les connaissances qu’ils avaient perdu. Son ami, le Commandeur Lucius lui avait expressément demandé de venir ici pour retrouver sa fugitive de sœur. Des exilés avaient parlé d’une belle jeune femme dont la description ressemblait en tout points à Sue, elle avait aidé les populations à fuir, mais n’avait pas voulu les suivre dans leur périple. Il incombait donc maintenant à François de la ramener en sécurité auprès de son frère.

 

http://t4deliriousnygroupe11.files.wordpress.com/2009/05/london-hq-sunny.jpgFrançois s’arracha à la contemplation du paysage pour se diriger vers le campement improvisé, il alla directement à sa tente qui servait de QG au petit détachement, la navette l’y attendait déjà. Pour cette petite mission d’extraction, Lucius lui avait octroyé une vingtaine d’hommes dont un officier. En effet, il fallait un détachement qui soit facilement discret et non détectable par l’ennemi, valait donc mieux être peu nombreux et mobile. Fort heureusement, il avait eu son mot à dire sur le choix des hommes, et il avait ainsi pu choisir des soldats de confiance. Surtout Juan, un sergent d’expérience qui n’avait jamais voulu gravir les échelons. C’était un ancien de la troisième Guerre Mondiale où il avait servi en tant que conscrit, il avait donc suffisamment de bouteille pour être un second très efficace.

 

« Capitaine ! Voici le message que nous avons reçu, voici huit minutes précisément, il est signé du Commandeur en personne. » La vedette lui tendit un bout de papier sur lequel un message codé était inscrit. Alors qu’il lisait, un homme d’âge mûr entra dans la tente, il avait l’œil agité, une moustache en bataille et surtout ce qui marquait le plus c’était une énorme balafre qui lui barrait un œil. A son entrée, François ne pris pas la peine de se retourner, un seul de ses hommes se permettait d’entrer sans saluer.

 

« Sergent, je crois qu’il est temps de lever le camp et d’aller voir de nous même, ce qui se trouve là bas. Contactez nos éclaireurs, faites les venir directement ici. En attendant, que les hommes soient prêts à partir. » François jeta au feu le message reçu.

 

« Bien Capitaine ! Nous avons donc reçu les informations nécessaires du QG ? Ils ont pu finalement avoir toutes les données de localisation de la part des immigrants. »

 

«  Sergent ! Si vous vouliez être dans le secret des dieux, vous auriez du accepter de notre Commandeur le grade de Colonel quand il vous l’a proposé. » Les deux hommes s’appréciaient énormément un grand sentiment de respect était né entre les deux, mais devant la vedette, ils préféraient garder un rapport strictement professionnel et évitaient tant que faire se peut d’être trop familier.

 

« Apparemment la Sœur du commandeur Lucius a été aperçue sur la rive gauche pour la dernière fois à la bibliothèque municipale. De plus, ils ont pu obtenir une information assez étonnante, je préfère attendre de la voir avant d’en parler, même à vous sergent.

 

Dés que Juan ressorti, François se tourna immédiatement vers sa Vedette. « William, apportez moi les notes précédentes de nos éclaireurs, et les plans de la ville. » Il allait mettre toutes les chances de son coté, car il ne voulait pas décevoir son ami, et même si cette opération ne semblait pas dangereuse, il ne préférait prendre aucun risque pour ses hommes. Depuis qu’ils étaient arrivés, il avait donc posté deux éclaireurs en ville qui lui faisaient un rapport quotidien sur la non-activité qui régnait là bas, toutes ces données étaient conservées dans l’amas de papier qui se trouvait maintenant devant lui.

 

Il n’attendit qu’une petite heure, plongé dans les rapports de ses deux vigiles, ils entrèrent précédés de Juan, et saluèrent leur Capitaine. Il avait réussi en peu de temps à acquérir un grand respect de la part de ses hommes, ceci était en parti du à son courage au combat. Contrairement à d’autres officiers, il ne restait pas derrière ses troupes mais montrait l’exemple ce qui était une source de courage inépuisable et les poussait à se battre jusqu’à la mort. Il est à noter qu’encore à cette époque là, les grades s’inspiraient de ce qui se faisait lors de la Grande Guerre, mais après l’affrontement contre Solaut, Notre Sérénissime imposa des grades plus liés à la religion. D’ailleurs il se faisait déjà nommer Commandeur à cette époque, pour certains cela aurait du être un signe. Mais, ne nous égarons pas revenons à ce jour « sacré ».

 

Après avoir reçu la dernière déposition de ses deux éclaireurs, François donna l’ordre de la mise en marche vers la cité. La guerre avait vraiment tout rasé, très peu de plantes poussaient encore, même si les habitants avaient tenté de relancer certaines cultures pendant la courte période de paix. C’était le cas pour cette ville, où l’on trouvait le long du fleuve quelques vestiges de jardins, mais ils étaient à l’abandon depuis quelques mois, en fait depuis que les habitants avaient fui la guerre toute proche. Pourtant l’ennemi n’avait pas mis les pieds dans cette ville, ne trouvant pas l’endroit important d’un point de vue stratégique, tout au plus il avait du passer quelques cinquante kilomètres au sud. Mais François restait méfiant et même si les rapports laissaient à penser que cette ville était vide de toute vie, il préférait mettre toutes les chances de son coté. Ils s’étaient donc rapprochés en restant au maximum à couvert, afin de ne pas se faire repérer par des potentiels guetteurs.

 

Ils arrivèrent en ville par la berge gauche, il fallait maintenant aller à l’endroit indiqué par les derniers immigrants qui avaient aperçu Sue. François avait un plan très détaillé de cette partie de la ville. Heureusement depuis le départ des habitants rien n’avait changé, en même temps il n’y avait aucune raison pour que cela change. L’endroit était désert, le silence qui se dégageait de ces bâtiments, leur donnait l’impression d’être au milieu de gigantesques caveaux. Ce silence était assourdissant, et le moindre bruit provoqué par la troupe donnait le sentiment d’un hurlement. Au bout d’une heure de marche parmi les décombres et la végétation, il sentit une tension se former au sein de son groupe, causée par le silence surnaturel. Il repéra sur leur droite les restes d’un drug store qui lui semblait être un bon point pour une halte.

 

« Juan ! Fait entrer les hommes là dedans, et organise le camp, qu’ils puissent parler quelques minutes. »

 « William ! Viens avec moi, nous allons monter en haut de cet immeuble pour avoir une bonne vue d’ensemble. Et bien vérifier que mes plans sont bons. »

 

Les deux hommes s’approchèrent d’un immeuble qui dominait quelque peu les autres, la ville n’était pas très haute, qui plus est les quelques tours qui avaient du exister n’avait pas survécu à la Grande Guerre. Les hommes s’engouffrèrent dans le bâtiment délabré, le meilleur moyen de monter sur le toit semblait être des escaliers de service qui étaient encore en bon état.

 

 

 

« William ! Depuis combien de temps es-tu dans l’armée ? Tu travaillais pour la soeur du Commandeur et pour mon frère avant-guerre, non ? »

 

 « Oui Capitaine ! Et j’ai incorporé l’armée lors du passage du Commandeur dans notre ville, même s’il me trouvait trop jeune au départ. » En discutant les deux hommes commencèrent à gravir nonchalamment les marches. La voix de la Vedette était assurée, il avait l’habitude de traiter avec les officiers malgré son jeune âge.

 

« Tu as donc autant d’année d’expérience que moi, mais tu n’es toujours pas officier, ne ressens tu pas de l’amertume ? »

 

« Sauf votre respect mon Capitaine. Il ne me semble pas qu’être officier est moins risqué que simple soldat, qui plus est mon rôle me convient largement et servir à vos cotés reste très gratifiant. » La remarque franche de son messager arracha un sourire sur son vissage qui depuis quelques années en avait perdu l’habitude.

 

« Bien. Je vais te raconter un petit secret que seul des officiers sont censés connaître. Tu connais bien Sue vue que tu as travaillé pour elle. Tu sais donc qu’elle est experte en électronique et tous ses dérivés. » William acquiesça de la tête, ce qui motiva François dans la poursuite de son histoire.

 

« Et bien il y a de cela trois ans, elle a commencé à s’intéresser à la robotique, il paraîtrait même que ses recherches ont abouti. Car ce que le QG a réussi à obtenir des immigrants, c’est qu’ils auraient vu Sue avec une sorte de robot androïde de petite taille, la taille d’un chiot. » François s’était fait très grave et la Vedette avait ouvert grand les yeux. Certes il avait déjà entendu parler de telles machines mais un peu comme d’une légende ou d’un mythe.

 

« Cette information est capitale pour nos supérieur. En effet, Lucius n’est pas le seul à décider, et si le concile lui a permis de monter cette petite opération, c’est parce qu’il leur a vendu les connaissances en robotique de sa sœur. » William eu une moue dubitative quand à l’attitude de son Commandeur mais n’exprima pas son désaccord à haute voix. Les deux hommes arrivèrent sur le toit, le bâtiment n’était peut être pas le plus haut, mais ils avaient une vue imprenable sur une grande partie de la ville.

 

« Capitaine ? Pourquoi me racontez-vous ça ? »

 

« Je ne sais pas, peut être que cette mission me semble plus dangereuse qu’il n’y paraît pour la raison que je viens de t’invoquer, et que j’ai besoin de partager le fardeau de ce secret à quelqu’un de confiance. Bien sûr j’aurais pu en parler à Juan, mais il est trop franc, et me ferait comprendre que retrouver Sue ne serait pas une si bonne idée que ça. Et que peut être la laisser filer serait la plus sage des décisions. »

 

« Monsieur, je ne comprends pas tout… »

 

« C’est aussi pour ça que je t’en ai parlé, garde bien ce secret, un jour tu auras toutes les cartes en main pour comprendre j’en suis persuadé. Maintenant essayons de trouver une trace du passage de Sue. Les immigrants pense qu’elle logeait dans l’ancienne bibliothèque, c’est donc ce bâtiment que nous cherchons. D’ailleurs William, sais-tu dans quel domaine cette ville était réputée avant la grande guerre ? Non ? En robotique ! » François eu un petit rire sans joie. « Vois –tu, la vie n’est pas faites que de hasards. Et peut être que tout ce que nous vivons et déjà écrit quelque part. Savais-tu aussi que Sue a des dons de prémonitions ? Quelle ironie de chercher quelqu’un qui pourrait prévoir notre arrivée. »


François repéra ce qui devait correspondre à la bibliothèque, elle se trouvait quelques deux kilomètres au nord-ouest de leur position près du fleuve, ce qui correspondait aux plans. Ils redescendirent donc afin de retrouver le groupe organisé par Juan dans le drug store d’en face. Le silence était le pire ennemi des soldats, il mettait autant les nerfs en pelotes que les longues phases d’attentes. L’arrêt leur fut bénéfique car à l’intérieur du petit commerce ils avaient pu parler et redonner vie à l’endroit.

 

« Sergent ! Nous allons repartir, le dernier lieu où la Sœur du Commandeur a été vue se trouve au nord-ouest de notre position, il s’agit de la bibliothèque de la ville. Lorsque nous arriverons à proximité de celle-ci, vous positionnerez les hommes dans les bâtiments alentours. Je rentrerais seul. »

 

« Bien Capitaine ! »

 

La cohorte reparti peu de temps après cette discussion, les hommes se glissèrent entre les restes de la ville laissées à l’abandon, quand ils furent en vue de l’imposant bâtiment, Juan donna l’ordre aux hommes de s’infiltrer dans les différents immeubles qui avaient vu sur celui ci. La Grande Guerre avait quelque peu épargnée cet édifice à l’exception d’un énorme trou qui avait agrandi l’entrée, François continua seul vers la bouche béante servant d’entrée à ce havre de connaissance.

 

Le soleil était encore haut dans le ciel, ce qui permettait une bonne visibilité à l’intérieur sans utilisation de lampe. Le vent s’engouffrait par l’entrée faisant voltiger les pages de livres permettant la représentation d’un étrange ballet d’ombres. François ne s’arrêta pas à la contemplation de ce phénomène, et se dirigea vers un panneau quelque peu effacé par le temps. Le panneau contenait un plan ce qui l’aiderait pour décider vers quelle salle aller, les feuilles l’entouraient tels des papillons dansants une farandole. Sur le plan, il vit que le département robotique se trouvait au deuxième étage, cela semblait un peu trop évident, mais en même temps il fallait bien commencer quelque part.

 

Il s’approcha donc prudemment du vieil escalier menant au premier étage, celui ci avait l’air encore en bon état et donc capable de supporter son poids. Il prit quand même d’infimes précautions et gravis lentement les marches une à une. Le premier étage semblait aussi vide que le rez-de-chaussée, bien qu’en grande partie intacte la salle portait encore les stigmates de la guerre. Il se lança à l’assaut de la deuxième série de marches le menant à la section robotique. Alors qu’il arrivait en haut des marches un grondement commença à se faire entendre. Bien qu’il semblait lointain, cela inquiéta François, ces bruits correspondaient à des engins motorisés. Il espérait que ses hommes auraient assez de sang froid pour ne pas se faire repérer et rester en positions dans les immeubles environnants. Avant de continuer il décida qu’il était plus prudent de mémoriser le plan de la bibliothèque, il s’approcha donc de celui qui se trouvait à cet étage.

 

Aussitôt fait, il entra dans la section à proprement parler, si Sue était passée par là, elle n’y était visiblement plus. Il chercha quand même méticuleusement des indices de son passage ce qui ne fut pas trop difficile, le bruit se rapprochait petit à petit mais restait encore lointain. Il entreprit de détruire soigneusement toutes traces du passage de Sue, tout ce qui pouvait faire penser qu’une femme avait vécu ici quelques temps. Au bout d’un certain temps dans ses fouilles, il entendit un petit bruit mécanique, il aperçut un petit magnétophone qu’il avait enclenché par un système astucieux lié à un fil tendu. Heureusement que ce n’était pas un piège, il n’était pas assez prudent. Une voix se fit entendre, celle-ci était digitale et plutôt masculine. François était persuadé que Sue était derrière, la machine ne donna qu’une phrase énigmatique : « Toi ami, rentrons de concert. »

 

Une idée vint immédiatement à son esprit, il pensa au nom de la boutique de Sue à laquelle elle était attachée. L’ennemi ne pouvait pas le connaître, il devait certainement s’agir d’un code pour trouver un indice. Il se dit qu’étant dans une bibliothèque, ce code servait sûrement à trouver un emplacement, il se rappela le nom facilement, c’était Luciole. Elle avait choisi ce nom car petite elle adorait regarder les lucioles voleter, et ce nom lui rappelait en plus son frère. Il alla immédiatement voir à la lettre « L », malheureusement il se trouva devant un pan de mur comportant des dizaines et dizaines de livres sur la robotique. Il passa une bonne heure à chercher lequel pouvait être le bon. Au bout d’un certain temps énervé, il décida de se poser et de réfléchir, il se demanda pourquoi n’avoir pas été plus clair, et pourquoi cette omission de l’article devant « ami ». Et si cela voulait dire qu’il ne fallait pas chercher à « L » pour Luciole mais « U ».

 

Fier de son idée et impatient, il se précipita au rayonnage correspondant, il parcouru les livres posés là et en vit un dont l’auteur attira immédiatement son attention : R. Willfried. Plus jeune, ils étaient allé à un concert avec Sue et Tom, le concert d’un certain J. Willfreed, la coïncidence lui sembla tellement énorme qu’il prit le bouquin et s’empressa de le feuilleter. Son cœur battait la chamade, il sentait qu’il touchait au but. Le livre parlait de l’utilisation de la robotique pour mettre au point des médicaments mais aussi des virus mortels. Un passage attira particulièrement son attention, le livre parlait d’un laboratoire qui était un pionnier dans la matière. Il ne fut pas surpris en voyant que cette entreprise se trouvait dans cette même ville. Il déchira la page proprement et parti rejoindre ses hommes, il pensait toucher au but mais ne se faisait pas trop d’illusion quand à la présence de Sue à ce laboratoire.

 

Elle se sentait tellement coupable. Mais pourquoi avait-elle décidé de tout régler toute seule ? Voilà la question qui revenait sans cesse dans l’esprit de François, il ne comprenait pas qu’elle ait tellement pris à cœur les événements survenus à Hellentown. C’est alors qu’il repensait à ces événements, qu’il les aperçut pour la première fois en descendant l’escalier, il n’en croyait pas ses yeux et en tomba à genou. Mais assurément il ne devait pas laisser ça visible pour ceux qui continuaient de se rapprocher. A ce moment là, William arriva en courant le visage rouge de l’effort.

 

« Capitaine ! Nous devons fuir, les… » William ne put finir sa phrase tant il fut stupéfait par ce qui fascinait tant sont supérieur. Un essaim de créatures mécaniques semblables à des lucioles était agglutiné au plafond, il semblait cacher des écritures.

 

 

To Be Continued… Un bout de  feuille à moitié calciné s’envola dans les airs, seuls des oiseaux auraient pu lire ce qui était écrit : « Informe-le ».

Publié dans Nouvelles

Commenter cet article