Les Ombres d'Esteren : la critique (partie 1 sur 2)

Publié le par Heuhh

 

http://4.bp.blogspot.com/_QUqyl_KtaVU/TF7eilNxUtI/AAAAAAAAAsg/7WsipJ8sCTs/s1600/blog+Les+Ombres+d%27Esteren+-+esteren_couv_univers.pngAyé, je l’ai lu. « Quoi ?! » Me direz-vous. Ben Les Ombres d’Esteren ! « Tu as mis deux semaines pour le lire ? » Ben oui… 280 pages bien remplies, ça ne se lit pas si vite que ça. « Feignasse ! »

 

Vous remarquerez que j’aime bien me parler à moi-même, mais il va falloir que je pense à être plus sympa envers moi, non parce que le but c’est d’avoir raison et pas d’être traité de feignasse. Bon bref, on en était où ? Ah oui ! J’ai donc fini la lecture des Ombres d’Esteren le petit jeu qui est passé inaperçu au dernier monde du jeu, fait par deux trois personnes. Notez la pointe d’ironie qui transparait dans ces quelques mots. :)

 

Donc le premier livre de base de la gamme porte le doux surnom de « 1. Univers », et oui car suivront les secrets pour le meneur, l’écran et sûrement pleins d’autres choses. Ce livre correspond donc à ce que l’on pourrait appeler le livre des joueurs. Il comprend la description complète de l’univers d’un point de vue « ce que tout le monde sait », du système de création des personnages et du système de jeu. Après lecture, je peux vous dire qu’après avoir lu le kit de démo ben on n’est pas perdu, on y retrouve tout nos petits et les premières sensations.

 

Pour ceux qui reviennent d’un voyage en Alaska, OdE est un jeu annoncé depuis plusieurs années et dont la sortie fut maintes fois repoussée. Alors quand on est dans ce cas là, souvent on devient le vilain petit canard du milieu, source de nombreuses boutades (ya qu’à voir ce que s’est pris Duke Nukem Fornever*). Mais pire, on est attendu au tournant. Ben oui, dans notre petite tête de raliste, on se dit : « s’ils m’ont fait poireauter aussi longtemps, va falloir assurer derrière et nous pondre un beau petit bijou ». Donc la question qui vous brûle les lèvres c’est « est-ce le cas ? » Ben… P’t’être ben qu’oui, p’t’être ben qu’non… Faut voir (@ normand trademark) Ben oui, autant je vais vous détailler les nombreuses qualités de cet ouvrage et vous dire « yabon mangez-en ». Autant, pour pouvoir dire Esteren a fait sa place dans le panthéon des jeux, ben va falloir rapidement pogner sur Les secrets de cet Univers pour voir si le soufflet ne retombe pas. Il est difficile de jauger la qualité d’une gamme qu’avec le premier livre, mais si le reste suit on devrait se trouver devant un classique du genre.

 

Allons commençons la revue de cet ouvrage que je vais passer au crible de long en large et en travers.

 

Kazel tof

 

Commençons par parler de l’univers, là on a quand même les deux tiers de ‘l’ouvrage qui en parlent. Le jeu se concentre sur une partie du monde, la péninsule de Tri-Kazel coupée du reste du monde par une chaine de montagne quasi-infranchissable à l’est, là où la péninsule rejoint le continent. Et par des eaux tumultueuses partout autour. Tri-Kazel comme son nom l’indique est composé de trois royaumes : Taol Kaer, Gwidre et Reizh. Historiquement, c’était un seul et même royaume mais suite à un partage entre trois héritiers, ya eu séparation et une relative harmonie. Il y a pas si longtemps des continentaux sont arrivés dans la péninsule, deux groupes bien différents. L’un a réussi à assoir son influence en Gwidre, il s’agit du Temple. Si je caricature, c’est grosso modo des fanatico-modérés religieux adorant un dieu unique et popant des églises/chapelles un peu partout. Bien sûr, ils ont réussi à chasser l’ancienne religion. L’autre groupuscule, les Magientiste, se sont imposés en Reizh, c’est des mécano qui font marcher des artefact avec un « Flux », sorte de pétrole tiré des végétaux, minéraux voire êtres vivants. Cela donne donc des influences variés avec l’ajout d’un brin de méca-fantasy.

 

http://www.esteren.org/blog/illustration_JDR_celtique.jpgIl ne reste que Taol Kaer qui est resté plutôt fidèle aux anciennes traditions est qui évite de trop s’accoquiner avec un des deux camps. Car entre le Temple et les Magientistes, ce n’est pas l’amour fou. Une guerre a eu lieu il y a peu. Taol Kaer c’est même mis du coté de Reizh momentanément. Mais tout est rentré un peu dans l’ordre. Bien sûr les auteurs gardent cette tension politique présente pour rajouter un enjeu. Bref, les anciennes traditions en Taol Kaer sont plutôt style Druidico-shamaniste. Les Démorthen sont les gardiens de l’équilibre entre les hommes et la nature. Autant dire qu’ils n’aiment ni les curetons, ni les technophile.

 

Quand je vous ai dit que le terrain de jeu était Tri-Kazel, j’aurais pu dire qu’il s’agit de Taol Kaer. Ce royaume est clairement mis en avant profitant d’une plus longue description. On sent que l’on nous oriente vers des parties qui s’y déroulent mais les autres royaumes ne sont pas en reste. Le continent, quant à lui, a droit à quelques pages anecdotiques. Tant que l’on parle description, celle-ci est faite au travers de documents écrit par des habitants des trois royaumes cela permet de faire passer des « sentiments », et de ne pas rendre la lecture ennuyeuse. C’est fait de manière intelligente de telle sorte que l’on ne lit pas que l’œuvre d’une seule personne mais bien un recueil de document. Cela permet de bien séparer les infos qui sont données et ainsi un meneur pourra plus facilement retrouver ce qu’il cherche (un document = une idée le plus souvent).

 

A féond la forme

 

Esteren ne serait le jeu qu’il est si l’on ne parlait pas de la plus grande menace pour l’humanité : le feond (feondas au pluriel). Ce sont des créatures qui massacrent les humains isolés et qui parfois s’attaquent à des villages entiers. Cette menace existe depuis des siècles et a même connu une apogée il y a fort longtemps avec grande baston et tout le toutim, le tout réglé par les Demorthèn les plus balaises. Cette menace fait que les humains vivent très renfermés sur eux même, les jeunes n’ont pas le droit de quitter le village, on ne peut s’en éloigner qu’en groupe etc, etc… Bref ça craint un max, Tri-Kazel est une péninsule très hostile. Et bien ça, on ne le ressent pas trop. Quand on lit toute la partie concernant la présentation de l’univers, on n’a pas au final un sentiment « pesant ». Certes on se rend compte que ce n’est pas le pays des bisounours. Je suis un peu mini-déçu à ce niveau, j’attendais un monde très sombre, et la lecture ne le ressort pas, au contraire même.

 

Coté club de gentleman, on trouve dans les OdE, les Demorthèn, le Temple, les Magientistes, mais aussi les Varigaux. Il s’agit de l’équivalent D&D des rodeurs, avec bien sûr des particularités supplémentaires, c’est vraiment une caste à part qui peut se déplacer de village en village sans trop craindre des feondas. On trouve aussi les chevaliers Hilderins qui sont l’équivalent IRL des Templiers le coté religieux en moins. C’est des troupes d’élites.

 

esteren.jpg83 et 30 = Var et Gard

 

Voilà, deux tiers du bouquin bien remplis, je vous passe la description de la monnaie, des principales villes, du calendrier, des arts, des paysages… etc etc… Il me reste à souligner un bon point et un mauvais. Commençons par le mauvais, il y a 3 pages appelées « Rumeurs »… Ben c’est trois pages qui ne m’apportent rien du tout, elles ne me donnent pas envie d’en faire un scénario, car trop vague. Non vraiment à coté du reste qui fourmille de petites idées de scénarios à creuser, ben là ça ne m’a pas parlé. Peut être que j’en attendais d’avantage.

 

Pour le dernier bon point, je vais saluer le fait que l’on a 4 cartes qui sont vraiment bien foutues, une de Tri-Kazel et une pour chaque royaume. A chaque fois ces cartes comportent des « centres d’intérêts qui sont autant de pistes à fouiller (un repère chiffré permet de localiser sur la carte le lieu et de trouver le paragraphe qui le décrit). On sent un univers qui existe réellement dans la tête des auteurs. Je pense qu’ils auraient pu écrire un guide michelin pour chaque royaume. D’ailleurs si jamais c’est le cas, et qu’il est prévu de sortir un guide à chaque fois, on sent que ça va être chargé.

 

Au final, on se retrouve avec un univers médieval comportant un peu de fantastique (avec quelques « jeteurs de sorts ») mais du low-fantasy. Il est relativement sombre mais plein d’espoir à la fois.

 

Voilà la première partie de ma présentation/critique des ombres d’Esteren, Les Ombres d'Esteren : la critique (partie 2 sur 2) .

 

Bon jeu à tous !

* Qui va bientôt sortir lui aussi, Oh Joie !

http://blog.chaodisiaque.com/wp-content/uploads/2010/08/ombres-esteren.bmp

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Tosheros 07/10/2010 01:08


Mais quels jeux de mots effroyables! C'est 1D100!


Heuhh 08/10/2010 10:59



Merki! Je me suis surpassé dans le nouvel article. :)