Janua Vera, La Vraie Porte vers la littérature

Publié le par Heuhh

Allez Hop ! Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un livre (à lire, un vrai avec du papier d’arbre mort). Il s’agit de Janua Vera, un recueil de nouvelles de Jean-Philippe Jaworski, l’auteur (entre autre) de l’excellent Te Deum pour un massacre. Te Deum est un JDR se déroulant en France durant les guerres de religions. Il existe même deux suppléments qui déportent l’action en Angleterre et en Ecosse.

Mais revenons à Janua Vera. Il s’agit donc d’un recueil de 480 pages ayant été édité une première fois aux éditions des moutons électriques en 2007, qui a gagné le prix du Cafard Cosmique en 2008. Il a ensuite été édité en poche en 2009 (avec une nouvelle en plus). Il connaitra en plus une seconde édition chez les porteurs de laine d’EDF en avril 2010 avec là encore des ajouts.

http://www.jeulivredureve.com/images/jaworski_januaVera.jpgDans Janua Vera, nous avons dans le format poche les histoires suivantes :
•    « Janua Vera »
•    « Mauvaise donne »
•    « Le service des dames »
•    « Une offrande très précieuse »
•    « Conte de Suzelle »
•    « Jour de guigne »
•    « Un amour dévorant » [nouvelle ajoutée à l’édition originale grand format]
•    « Le Confident »

Pour info Janua Vera vient d’une locution latine signifiant « La Vraie Porte » utilisée en religion pour l’accès au royaume des cieux par le Christ. Merci google.

Qui a vu Vera

L’ensemble de ces 8 nouvelles, nous emmène dans un univers médiéval avec un soupçon de fantasy. Il y a des races exotiques telles que les elfes, mais ils sont réellement bien fondus dans le texte sans jamais en faire quelque chose d’extraordinaire. La touche est légère et raffinée. De plus, la magie est aussi présente, mais de manière simple, on ne se retrouve pas avec des boules de feu dans tous les sens et des magiciens chevauchant
des dragons des neufs enfers. Cela rend cet univers très crédible.

Ce sentiment est renforcé par le talent de l’auteur, ce talent qui lui permet de donner vie à ce monde en utilisant un vocabulaire très précis, très fin. Les tournures ne sont jamais maladroites, elles sont en plus couplées à un vocabulaire imagé et d’« époque ». Au travers des mots, on sent la passion de l’homme pour le moyen âge, que ça soit dans la description aussi bien que dans les dialogues qui comportent profusion de termes désuets.

Vera Cruz

Rarement je n’ai lu d’œuvre aussi précise dans le choix des mots, un autre auteur me vient à l’esprit, c’est Terry Pratchett (et son traducteur œuf corse). D’ailleurs une des nouvelles ressemble à un hommage (Jour de guigne), dans celle-ci, on suit Calame un copiste à qui un sort est accidentellement jeté et qui vit une journée où il enchaine poisses sur poisses. Cette nouvelle est sûrement celle qui fait le plus penser à l’œuvre de Pratchett, de part le ton et les événements, mais on retrouve dans l’ensemble du livre la même utilisation chirurgicale des mots.

Un autre auteur m’est venu à l’esprit Pagnol, pour la qualité descriptive de l’environnement, pour la façon dont JP Jaworski donne vit à son imaginaire, au travers de son œuvre, les rues prennent vies, les villes s’agitent, les forêts se réveillent, tout un univers nait et vit. On retrouve par contre plus les traits de Jean Giono car l’œuvre se veut moins gai (à l’exception de Jour de Guigne) que dans Marcel Pagnol. Mais à mon humble niveau, je trouve que les trois arrivent à insuffler le même réalisme à leurs paysages.

C’est pas la Vera boire

A l’exception de la première nouvelle, les 7 autres sont relativement contemporaines, du moins elles semblent l’être. La première se déroule quand à elle au moins quelques centaines d’année avant les autres (voire un ou deux millénaires). Certains personnages se retrouvent dans différentes nouvelles, mais le ou les héros de chaque histoire est à chaque fois différent.

Notez bien que ce recueil a une suite qui s’intitule Gagner la Guerre, qui est en fait le prolongement de « Mauvaise Donne ». C’est d’ailleurs la nouvelle qui marque le plus le lecteur, pour la simple et bonne raison que c’est la seule qui ne trouve pas de fin. Oh, il y en a une autre, mais tout lecteur averti verra que la fin se trouve dans une autre nouvelle. Il y en aurait bien un dont je ne suis pas sûr qu’il y ait une vraie fin, m’enfin, c’est peut être moi qui ait lu un peu trop de travers.

Dans Mauvaise Donne, on suit le Maitre Assassin Benvenutto qui sera entrainé malgré lui dans des événements qui le dépasse. Les intrigues politiques et machinations sont les piliers de cette histoire.

http://www.cafardcosmique.com/IMG/jpg/Jaworski.JanuaVera.RV.jpgAd Vera ble.

Les nouvelles que je n’ai pas encore citées, sont toutes mélancoliques et assez tristes en soi. Je tenais à vous prévenir que ce n’est pas l’œuvre la plus enjoué et la plus optimiste qui soit, mais elle se veut crédible, réaliste je dirais. On suit des personnages à qui l’on s’attache qu’ils soient paladins des temps anciens, troupailles barbare, fille de fermiers… on se prend à les aimer et à s’intéresser à eux.

Au final, je dirais que ça fait bien longtemps que je n’avais pas pris une telle claque en lisant un livre, les précédents étaient « Le Seigneur des Anneaux » et « La Huitième Couleur ». Bien sûr, j’ai eu de nombreuses expériences positives en science fiction, Fantasy, en roman plus « traditionnels », mais pas vraiment des livres qui m’ont fait voyager comme eux.

J’ai eu la chance de lire Te Deum, et je dois dire que l’on y retrouve le même talent pour raconter des histoires même si un JDR et des Nouvelles ne s’écrivent pas de la même façon, le talent reste.

Je vous mets le pitch en fin d’article.

Bonne lecture !

Chaque nuit, Leodegar le Resplendissant se réveille en hurlant dans son palais. Quelle est donc l’angoisse qui étreint le conquérant dans son sommeil ? S’agit-il d’un drame intime, ou bien de l’écho multiple des émotions qui animent le peuple du vieux royaume ?

Désenchantement de Suzelle, la petite paysanne, devant la cruauté de la vie ? Panique de maître Calame, le copiste, face aux maléfices qui somnolent dans ses archives? Scrupule d’Ædam, le chevalier, à manquer aux lois de l’honneur ? Hantise de Cecht, le housekarl, confronté aux fantômes de la forêt ? Appréhension de Benvenuto, le maître assassin, d’être un jour l’objet d’un contrat ? Ou peurs primales, peurs fondamentales, telles qu’on les chuchote au Confident, qui gît au plus noir des ténèbres…

À travers sept destins se dessine une géographie du vieux royaume, de ses intrigues, de ses cultes, de ses guerres. Et de ses mystères, dont les clefs se nichent, pour beaucoup, dans les méandres du cœur humain.

Publié dans Divers (BD - ...)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Raphaël 17/10/2010 22:24


Pour moi le meilleur auteur de fantasy médiéval français. Oui, vraiment une lecture à conseiller.


Heuhh 18/10/2010 09:22



En plus, Gagner la Guerre arrive en version poche... D'ici la fin d'année il me semble. :)



Akae 10/03/2010 14:18


Moi je le commence cette semaine (le temps de terminer mon dernier roman en cours). Il me fait de l'oeil depuis ma pile de bouquins à lire!


Heuhh 09/04/2010 10:01



Alors, ça donne quoi?


Je ne l'ai pas encore trouvé (j'ai pas trop cherché non plus)...



Akae 10/03/2010 13:26


Très bon article qui retranscrit vraiment bien ce que j'ai pu ressentir à la lecture de cet ouvrage. Pour ma part c'est l'une de mes meilleures expérience de lecture.


Heuhh 10/03/2010 14:14


Yep! Il me tarde de lire Gagner la Guerre!!! :)


Fred H 09/03/2010 11:10


Ah oui tiens, oups. C'est du au fait que le site a été tout refait depuis zéro entre deux, hehe. Mais tu les trouveras (parce que y'en a 2 de lui en fait) sur la page dédiée aux interviews :
http://forgesonges.org/index.php?option=com_content&view=category&id=4&Itemid=18


Fred H 09/03/2010 10:37


Et qu'il y en a déjà une (d'interview) sur le site de ForgeSonges


Heuhh 09/03/2010 10:58


J'ai trouvé la niouz... mais ya marqué suivez ce lien sans qu'il y ait un lien. :(

Ici