Interview de Julien Heylbroeck l'auteur de WarsaW

Publié le par Heuhh

Bonjour à tous, c'est pas parce que je suis en vacance que je glandouille à fond (les 3-4 derniers articles étaient programmés) et voilà que je viens vous livrer ma dernière interview, du prochain jeu de rôle que j'attend avec impatience, enfin de son auteur : Julien Heylbroeck et donc WarsaW qui est édité chez John Doe et dont la sortie est toute proche que ça chauffe dans les sapinnettes. Je vous invite à aller lire mes autres interview.

Pour rappel en quelques mots pour ceux du fond qui n'ont pas suivi, la première guerre mondiale n'a jamais cessée, au fil du temps seuls l'Allemagne et la Russie ont continué à se battre, mais ils restent propres et se limitent à un seul terrain de jeu : la Pologne. Nous sommes en 1964 et les joueurs se retrouvent entre les deux camps.

Si vous voulez plus d'informations sur la sortie du jeu, je vous invite à suivre les sujets dédiés sur John Doe et sur Antonio bay. Vous trouverez aussi deux pages extraites du livre. Ainsi qu'un papier que j'avais de présentation. Il y a pas mal de nouvelles qui existent sur le blog de Brain Salad et sur le mien ( Arnaud Levallois - Warsaw ; Dorothy Payne - WarsaW ).
 

Allez trêve de blabla, c'est parti, n'hésitez pas à laisser des messages.


Heuhh : Allez, je vais faire un petit ctrl V, ctrl C, je change le nom et hop j'ai ma première question. Alors Julien, avant de rentrer dans le lard du sujet, peux tu te présenter?
 

Julien Heylbroeck (JH) : Julien Heylbroeck, qui traîne sur internet avec le pseudo très far west de Wyatt Scurlock. Bientôt 29 ans, rôliste deuis mes 13 ans. Dans la vraie vie, je travaille dans le social.



Heuhh : Continuons par une petite question pour te mettre à l'aise, ton premier JDR WarsaW sort d'ici peu, comment te sens tu? Est-ce déjà une réussite d'avoir été édité?
 

JH : WarsaW a mis énormément de temps à voir le jour. Je ne sais même plus quand ça a commencé à germer dans ma tête. Mais ça doit remonter à au moins à 2003, avec des pauses plus ou moins longues. D'abord destiné à être un jeu amateur, mes collaborations successives avec Willy Favre m'ont amené à être en mesure de pouvoir ensuite démarcher un éditeur qui me semblait totalement sur mesure pour ce projet. Donc oui, je suis super content d'avoir été jusqu'au bout de ce jeu. Il était temps, honnêtement. Car il commençait à traîner un peu et j'aurais fini par le remiser dans un coin et passer à autre chose. Heureusement, au bon moment, j'ai eu cette opportunité. Il a su séduire des éditeurs. Ces éditeurs mais aussi mes collègues de travail (au système, aux illustrations, à la mise en page) m'ont permis d'aboutir à un jeu bien plus réussi que ce que je ne pouvais imaginer. Je suis particulièrement fier du résultat, qui dépasse de loin ce que je comptais faire de ce background un peu personnel.



Heuhh : Bon commençons facilement, pourquoi WarsaW et non Warsaw et encore moins Varsovie? Les deux « W » représentent les deux pays qui oppressent la Pologne?

JH : Les deux W sont effectivement un moyen d'enserrer le titre entre deux gros blocs, à la manière de la ville, coincée entre deux pays occupants et oppresseurs, tu es le premier à en parler, bravo !
C'est aussi une manière d'avoir un titre un peu original, j'ai été influencé en ce domaine par eXistenZ.


Pourquoi WarsaW et non Varsovie ?
J'envisageais au début d'appeler ce jeu Warszawa. Mais le nom anglais est plus percutant, plus direct, presque un palindrome mais violent, dur.
C'est aussi une allusion à Joy Division, un de mes groupes favoris, qui a été une influence musicale indéniable durant l'écriture.



Heuhh : De peu que j'en ai pu voir (illustrations, nouvelles, infos diverses), WarsaW s'inspire de plusieurs univers à la fois, mais rarement (voire jamais) de l'époque à laquelle il se déroule, il s'inspire beaucoup des années 30, 40 par exemple, pourquoi un tel choix?
 

JH : Tout simplement car dans cette ville, rien ne ressemble au reste du monde. La guerre a figé les choses dans une sorte de mélange des deux conflits mondiaux et des années 30-40. Le reste du monde a évolué sensiblement comme on le connaît. Mais pas WarsaW, isolée et soumise à une guerre empêchant tout réel progrès autre que meurtrier.



Heuhh : Tu parlais de l'aide que tu as eu pour ce projet, peux-tu citer tes compagnons d'aventure, et ce sur quoi ils ont travaillé précisément?
 

JH : Tout d'abord Willy Favre aka Brain.Salad. Il s'est occupé d'écrire le système, a fait les illustrations de style photo, la carte de la ville et la couverture. Sans compter qu'ensemble, on a défriché beaucoup beaucoup du background.


Il y a également Matthias Haddad aux illustrations, c'est lui qui a fait les archétypes. Je suis très heureux d'avoir collaboré avec lui et très fier qu'il ait bien voulu bosser pour ce projet. Ensuite, il y a Anthony Combrexelle connu sous le pseudo d'yno. Il s'est occupé des culs de lampe qui parsèment l'ouvrage. Enfin, il ne faut pas oublier LG qui a fait toutes les illustrations crayonnées et s'est occupé de la mise en page. Une mise en page qui met dans l'ambiance. Manu alias Nhaïgraoo m'a aussi procuré de bons conseils sur le livre en lui même, son organisation, son contenu.


Bref, une belle équipe sans qui ce jeu n'aurait pas été possible. C'est extrêmement bateau de dire ça mais c'est vrai.



Heuhh : Est-il prévu de sortir d'autres suppléments (comme Hellywood)? Quels types? Ou alors c'est trop tôt pour en parler et ça sera plus lié aux ventes? (NdH : c’est là qu’on voit que j’ai mal préparé cette interview ;)))
 

JH : WarsaW est clairement fait pour être un seul bouquin, c'est un stand alone, de la gamme DOA (Dead on Arrival). Aucun supplément n'est prévu. A sa sortie, vous aurez cependant la possibilité de télécharger un petit kit qui comprendra les historiques des prétirés, la feuille de personnage, la feuille de faction, la carte et même des prétirés inédits, logiquement. Mais aucune sortie papier ni écran ne sont prévus. Évidemment, si le jeu se vend super super bien, qu'il y a une demande massive, que des gens commencent des grèves de la faim, j'imagine que je pourrais tenter de convaincre les deux costauds de John Doe de sortir un supplément (je ne dis pas que je n'y ai pas réfléchi).



Heuhh : Dans Jouer avec l'histoire tu dis qu'au départ, le conflit d'origine devait être la seconde guerre mondiale, mais tu as du faire machine arrière et donc prendre la première guerre mondiale comme base. Cette contrainte vient de toi? WarsaW y a-t-il perdu certain éléments que tu regrettes (ton, ambiance, technologie, intrigue)? Et pourquoi une telle contrainte? (sacré question :))

JH : Et bien en fait, cette contrainte est un choix que j'ai fait, aiguillé par Fred Boot notamment, suite à une discussion polémique sur un forum internet. Je venais présenter mon projet et j'ai vu que le background était vraiment trop sujet à d'épineuses questions, notamment le traitement de certains des aspects les plus noirs de notre Histoire, je veux parler de la Shoah. Dans le but de ne pas passer pour le petit facho de service qui sort des jeux négationnistes, ce qui est quand même LE DERNIER de mes voeux, j'ai préféré décaler tout le background d'une guerre à l'autre.


Aussi surprenant que cela peut être, je trouve que j'y ai gagné en ambiance. Ca a permis de mixer les deux conflits, de piocher dans l'iconographie des deux, de mélanger zeppelins, casques à pointe et bombe atomique, d'ajouter un peu de pulp rétro, de vraiment plonger dans une uchronie personnelle. En plus, entretemps, je me suis beaucoup documenté sur l'URSS stalinienne, les années 30... Au final, je dirais que ce recul a permis au jeu d'avoir une ambiance vraiment unique. Et je ne regrette pour ainsi dire, rien du tout, bien au contraire.



Heuhh : On approche de la fin, je vais donc passer à mon « classique » portrait ludique chinois.
Si tu étais un jeu de plateau lequel serais-tu?
 

JH : Je dirais Tannhauser, forcément. Même si ce jeu est sorti après que j'ai commencé à travailler sur WarsaW, j'y retrouve les mêmes influences et thèmes. Cela dit, je n'ai fait qu'une partie.



Heuhh : Un jeu de rôle?
 

JH : En faisant mon auteur pédant (spéciale dédicace), je répondrais WarsaW car j'y ai mis toutes mes obsessions, toutes les ambiances que je voulais voir apparaître. Si je dois choisir un autre jeu, je dirais Fading Suns pour l'univers ouvert à plein de possibilités tout en restant cohérent et vraiment attractif.


Heuhh : Un dé?


JH :
J'aime bien le D10. J'y retrouve le charme du jeu de rôle, car il ne sert souvent qu'à ces jeux contrairement au D6. Et puis on peut les transformer facilement, réfléchir en pourcentage avec ce type de dés, ça aide, même quand on est nul en math...


Heuhh : Une feuille de personnage?


JH :
Celle de Miles Christi, superbe, qui met directement dans l'ambiance. J'ai un ami qui en a bricolé une personnelle pour ce jeu, encore plus belle.



Heuhh : Une illustration au sens le plus large qui soit?
 

JH : Des friches industrielles post-apo. Ca me donne tout de suite envie de me plonger dans ce décor, d'y créer des personnages, des enjeux... (NdH : j'espére avoir bien choisi)


Heuhh : Merci beaucoup pour ta participation, un dernier mot pour la fin?


JH :
Borborygme.

Publié dans Interview

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Wyatt Scurlock 03/07/2009 15:35

Je voulais bien sur rendre hommage à Brain.Salad et non à Staline en écrivant ce double mot de la fin.
Mon dieu, que je m'exprime mal, c'est la chaleur probablement. Ou la ménopause...

Heuhh 03/07/2009 16:38



Ou la sortie imminente du bébé... ;)



Wyatt Scurlock 03/07/2009 15:34

Allez, spécial hommage à celui sans quoi WarsaW ne serait pas WarsaW:

"Borborygme stalinien"

Brain.Salad 25/06/2009 15:52

T'aurais au moins pu choisir "nazi" comme mot de la fin. Tout se perd.