Interview d'Yno l'auteur de Notre Tombeau

Publié le par Heuhh

Et voilà, ma 4ème interview! J'espère que vous prendrez du plaisir à la lire, vous pouvez aller voir mes précédentes ici : Interview . Bonne lecture!


Aujourd’hui j’ai le plaisir d’interviewer Yno l’auteur des deux très bons jeux de rôle que sont
Patient 13 (P13) et Notre Tombeau (NT), qui ont tout les deux été édités chez John Doe. Pour préparer cette interview, j’ai lu celle qui se trouve sur le Ludiste (lien vers l'interview) qui a été réalisée à l’époque pour la sortie de Patient 13, et j’ai bien sûr lu les deux JDR sus cités.

Heuhh : Bonjour Yno (aka Anthony Combrexelle) ! Pour commencer, avant de se lancer dans le gras du sujet, peux-tu te présenter ?

Yno : Hello. J'ai 28 ans, suis infographiste dans la Vraie Vie de tous les jours, auteur de quelques jeux et scénarios dans la Fausse Vie et j'aime bien les trucs un peu barrés.

Heuhh : NT est sorti il y a un gros mois, et où que je furète sur le
net, je ne trouve que des retours positifs, considères tu le lancement de ce jeu réussi ? Es-tu surpris/ rassurée/ insatisfait par l’engouement ?

Yno : Réussi et rassuré, oui. Réussi parce que visiblement la « formule » proposée dans NT trouve écho chez pas mal de personnes, et rassuré parce que j'étais un peu inquiet avant la sortie du livre. Notre Tombeau est plus un très gros scénario qu'un jeu à part entière et tout le monde s'accorde à dire qu'il n'y a rien de plus difficile que de satisfaire les meneurs et les joueurs lorsqu'il s'agit uniquement d'un livre contenant des scénarios. Tout le monde a des goûts différents; une manière d'aborder, de lire et de jouer des scénarios. Alors quand c'est "juste" une suite d'épisodes, je craignais les mauvais retours ou les méventes. Ce qui n'est pas du tout le cas. Au contraire, en moins d'un mois et demi, Notre Tombeau a vendu plus de la moitié de son premier tirage.


Heuhh : C’est ton deuxième jeu édité, la gestation et l’accouchement ont-ils été plus faciles à gérer ?

Yno : Oui, ce fut beaucoup plus simple et pour pleins de raisons en faveur de Notre Tombeau. Patient 13 était un projet de longue date, un projet qui a mis du temps à murir, dans un univers pas forcément évident à rendre ludique de prime abord, P13 était plus volumineux, plus réfléchit dans ses détails. Sans que ce soit péjoratif, Notre Tombeau a été beaucoup plus direct et plus fluide à écrire du fait de son « genre », un survival mâtiné d'aventure. De même, c'était la seconde fois que John Doe publiait une de mes créations, nous savions donc bien mieux comment fonctionner ensemble, comment procéder pour finaliser ce projet.

Heuhh : Alors un des points communs qui me frappent entre ces deux jeu de rôles c’est l’aspect huis clos. Est-ce un élément clé pour toi pour réaliser un DOA ? Cet élément est d’ailleurs une force pour le coté coercitif de tes créations.

Yno : Un élément clé, je ne crois pas mais un élément qui facilite le format, assurément. Quand on se restreint à un lieu plus ramassé qu'à un monde vaste et flou, on met l'accent sur des particularités, sur des ambiances et on fait de ce lieu restreint un monde à part entière. Le Huit-clos permet dans une certaine mesure de contrôler un peu mieux les événements, d'anticiper plus facilement les actions des PJ (encore que) et les révélations, que dans un monde classique. Allez, le prochain challenge c'est de proposer un jeu à la P13 ou un Burst à la NT qui se déroule dans une unique cabane en forêt !

Heuhh : Un autre point commun, qui personnellement m’attire dans tes œuvres c’est l’aspect « vas-y que je bouscule le train-train quotidien de mes joueurs ». Dans les deux JDR, on fait sortir les joueurs des sentiers battus (je ne dirais pas comment pour ne pas spolier) en les embarquant dans une histoire peu commune et où moins ils en savent avant meilleure la partie sera. Cet aspect là rajouté aux autres, je me pose la question suivante : es-tu un sadique persécuteur de PJ ?

Yno : Au contraire. Je cherche toujours à rattraper le coup, à permettre au personnage de s'en sortir. Diminué, blessé à mort, mais en vie. Mon but, en tant que MJ, c'est que les PJ aillent jusqu'au bout de l'histoire tout de même, sinon à quoi ça sert de l'écrire ? Je pense donc être un MJ relativement gentil mais j'aime d'autant plus mettre les personnages dans une marée noire d'événements pas marrants, entièrement recouverts de cambouis. Ne dit-on pas qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ?

Heuhh : Comment as tu proposé un projet (NT) aussi atypique à John Doe ? Autour d’une binouze et tu lui parles d’un survival et il accroche de suite, ou alors il s’est montré réticent au départ ? (ndH : ma question était même un peu plus général)

Yno : C'est une question compliquée dans le sens où j'imagine que ça dépend énormément des projets et des gens. Je ne suis pas forcément le mieux placé pour en parler. Il faudrait questionner les légistes de John Doe. Concernant spécifiquement Notre Tombeau, c'est en tout cas simple. J'ai débuté l'écriture du jeu pour mon plaisir personnel. Mon objectif était tout de même de le publier, à compte d'auteur ou par un éditeur classique. Depuis Patient 13, je sais John Doe potentiellement intéressé par ce que j'écris donc je leur propose toujours en premier lieu ce que j'ai en cours. Ainsi quand j'ai bouclé une version a peu près aboutie de NT, j'ai demandé à Manu (un des légistes) s'il souhaitait relire Notre Tombeau pour me donner son avis. Visiblement NT correspondait justement à une envie qu'ils avaient de proposer des campagnes prêtes-à-jouer et la réponse fut donc positive et sans aucune réticence.

Heuhh : Après mes lectures, je me suis dis que tu devais être un grand malade.
J’ai voulu te faire passer le test de Rorschachs, mais il parait qu’il n’est pas très crédible, je me rabats donc vers un pauvre portrait chinois.
Si tu étais un jeu de société lequel serais-tu ?


Yno : Je ne joue presque jamais à des jeux de société. Au bout de deux parties je m'ennuie. Je ne sais pas pourquoi, ça n'arrive pas à m'intéresser. Mais si je devais en nommer un, je dirais Jungle Speed. Oui, c'est très « casual ».

Heuhh : Un jeu de rôle ?

Yno : Kult. Le jeu qui fut ma claque de meneur et qui reste à mon sens le plus grand des jeux. Avec un contexte profond, recherché et réfléchi.

Heuhh : un dé ?

Yno : Le D6, simple et qu'on trouve le plus facilement.

Heuhh : une feuille de personnage ?

Yno : Tu me colles là... Pas celle de JRTM en tout cas !

Heuhh : une illustration (au sens le plus large qui soit) ?

Yno : Les couvertures du comics Hellblazer durant la période où elles étaient illustrées par Tim Bradstreet (soit des n°134 à 215). Je les collectionne (ndH : vous trouverez la couv’ du n°134 en face là ->).

Heuhh : Il y a eu un peu moins de deux ans entre tes
deux premières parutions, que vas-tu nous sortir début 2011 ? Ou plus simplement sur quels projets es-tu ?


Yno : Ce sera la surprise, même pour moi. J'ai toujours une petite pelletée de projets, de trucs plus ou moins avancés, parfois très commencés mais qui ne me motivent pas/plus pour une raison ou une autre et d'autres qui surgissent du jour au lendemain à la faveur d'un mail ou d'une proposition. La seule chose à peu près certaine, car elle est contractuelle, c'est que pour le début 2010, il y aura un premier tome d'une BD que je scénarise en compagnie de Matthias Haddad, l'illustrateur (entre autres) des archétypes de Patient 13 et de Warsaw. Cette BD prendra la forme d'un thriller contemporain et s'appellera Silence.

Heuhh : Merci beaucoup de m’avoir accordé de ton temps et bon courage pour la BD. Un dernier mot pour la fin?

Yno : Tortue.

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