Preview : Aube de Sang une Campagne pour Crimes

Publié le par Heuhh

Alors aujourd’hui, je suis fier de vous faire une petite preview d’Aube de Sang (AdS), le premier supplément de Crimes qui sortira sous le label Contes de Crimes dans pas longtemps, on l’espère tous (là, ils travaillent sur la maquette). Alors vous vous dites mais qu’a-t-il donc fait pour avoir les textes ? A-t-il couché avec les auteurs ? Que nenni ! Grâce à mon habileté légendaire, mes bottes +2 et +4 dans les Ecuries (Augias dans ce cas là), mon aptitude Ninja boosté à +15 avec spécialisation mimétisme Cheval, j’ai pu m’introduire dans le box 0402 ni vu ni connu et ainsi récupérer les textes. Malheureusement, c’est une version de travail qui n’est pas du tout maquettée et qui donc ne contient ni illustrations ni annexes visuelles (certains textes pourraient aussi bouger).

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, je vais vous parler de la bête, enfin autant que faire se peut, je ne vais pas faire de révélations sur l’intrigue quand même !

Un conte pour enfant (ou pas)

Alors tout d’abord, je me rappelle dans mon interview, j’avais demandé « Contes de Crimes », ça veut dire quoi ? Ben là en lisant, j’ai tout de suite eu la réponse. Si vous vous attendez à lire une campagne qui aurait le parfum de Mon Meilleur Ennemi ou de Bombyx, vous vous trompez allègrement. AdS n’est pas une campagne axée sur l’enquête comme l’ont pu l'être les deux scénarios précités. Non, dans AdS vous allez jouer des Gavroches (des Bambins des rues) à Paris durant fin 1870 à début 1871. Comme par hasard, ça correspond à de grands événements historiques qui sont La guerre avec la Prusse ainsi que la Commune. Ne vous inquiétez pas, ces événements sont bien décrits dans ce supplément.

Ces bambins vont donc vivre un conte. Je pense que le plus beau exemple cinématographique pour montrer ce que l’on entend par conte (qui est d’ailleurs cité dans le livre) est Le Labyrinthe de Pan, ça vous aide à trouver l’idée de ce que cela peut être ? Mais attention là où dans le LdP la petite fille est brutalement mise en présence du fantastique, dans AdS les auteurs ont le tact de faire basculer l’histoire dans le fantastique de manière progressive. Cette notion de progression est très importante, avec parfois des pauses mais toujours en allant crescendo dans l’onirisme. Pensez aussi aux contes des frères Grimm et vous sentirez un peu le parfum qui est retranscrit dans ce livre.

Comment ça marche ?

Pour cela, des mécanismes sont mis en place afin que le maître du jeu puisse faire vivre cette expérience aux joueurs. Il faut savoir que près de la moitié du bouquin est faite de nouvelles règles, de la présentation de la situation, des PJs, et des PNJs.

Tout d’abord il fallait des règles pour la création d’un Gavroche. Oui, si vous ne voulez pas des pré-tirés proposés, vous avez à disposition tout ce qui faut pour faire votre propre personnage. Bien sûr, tout cela est très cohérent avec les règles du livre de base ce qui fait que vos joueurs pourront garder leurs personnages jusqu’à l’âge adulte sans problème et même au-delà.

Un des ingrédients qui permet cette cohérence et la possibilité de jouer un conte, c’est la notion d’innocence au sens d’innocence enfantine. C’est en grandissant qu’ils perdront celle-ci ou alors en faisant des choix qui les feront grandir plus vite. Elle leur permet en quelque sorte de rester dans le conte, qui correspond un peu à un rêve éveillé.

Toujours dans les mécaniques nouvelles, les PJs joueront une bande qui vivote dans les rues. Afin de refléter cela, les auteurs ont apporté les notions de jauges de groupe. Chaque joueur influera sur trois facteurs : le confort, la protection et l’hygiène du groupe. Leurs actes auront donc des conséquences directes sur ces trois facteurs. Bon je ne vous parle pas plus en détail de cela, mais c’est vraiment intéressant et cela permettra un certain « team play ».

Un Lego pour les gouverner tous.

Ben pour parler du scénario, je dois d’abord vous parler de la structure d’AdS. Cette campagne se compose donc de 4 saisons, celles-ci se composent de… Ah comment dire… En fait, c’est composé de briques de Lego ! (ils parlent de mécano, mais je suis plus fan de Lego) chaque brique étant une scène plus ou moins longue et plus ou moins décrite. Ils existent 4 types de briques:

- Les briques obligatoires du scénario qui seront le squelette de tous les montages possibles.

- Les briques de Survie, qui sont un peu la vie au jour le jour des joueurs pour faire varier les jauges vues précédemment.

- Les briques Historiques (avec un grand H) qui sont liées aux événements qui se déroulent dans Paris auxquels les joueurs vont pouvoir participer avec leurs yeux innocents (chastes) d’enfants.

- Les briques Fantastiques qui se superposeront aux précédentes afin d’incorporer petit à petit une dose fantastico-onirique.

J'étais plutôt Lego Chevaliers.

Bon dans le texte, ils utilisent le mot cadre pour parler de l’ensemble des briques. Quoi qu’il en soit, les auteurs donnent 3 montages différents en exemple, avec des conseils pour que chaque MJ puisse monter tout cela comme il veut (s’il préfère une Twingo, ou une berline, ou un 4x4…). Ce qui est intéressant de voir grâce à ses briques c’est que certaines (du cadre Historique principalement) forment des intrigues que l’ont pourrait dire « secondaires». Elles se poursuivent le long des saisons et tournent autour de PNJ, ceux-ci auront donc une réelle évolution et pourront même passer d’amis à ennemis, avoir leur propre histoire en somme.

Le défaut de cette présentation bricturale est la difficulté. Le travail du meujeu sera vraiment ardu dans le sens où il aura un important travail de préparation à faire et surtout il faut qu’il maîtrise ses briques afin de jouer facilement avec.

L’histoire centrale est relativement linéaire à la manière d’un Labyrinthe de Pan (on est plutôt dans une histoire initiatique), dans celui-ci on sent que l’héroïne, la fille du général doit vivre ce qu’elle vit et rien ne peut l’en empêcher. Il s’agit pour elle d’une aventure initiatique qui va la faire accéder au statut de princesse en suivant son destin (désolé pour le spoiler). Tout l’univers du film évolue au rythme de l’évolution de la petite. Pour Aube de Sang c’est la même chose, on assiste à une évolution à la fois des gavroches ainsi que de ce qui les entourent jusqu’au final.

Je passe sur les pré-tirés, on reste dans le classique avec des personnages vraiment ancrés dans leur monde et leur histoire. Ainsi que les PNJ qui ont vraiment une carte à jouer et sont donc plus qu’une borne à information.

Passons à un autre point, vous verrez qu’il y a beaucoup de pré-tirés, cela s’explique en partie à un aspect de la campagne qui ne se veut pas foncièrement mortelle, mais quand même ça ne serait pas étonnant qu’il y ait au moins un mort, il faut être conscient que pour diverse raison vous pouvez perdre de manière héroïque (ou pas) un personnage joueur.

C'est déjà la fin

Pour finir, je dois avouer, que je m’étais dit avant de le lire que jamais je ne le ferais jouer car ça ne m’intéresse pas plus que ça. Après lecture, je me dis que je vois mal mon groupe de joueur arriver à être embarquer dans un conte mais ça m’a donné envie de le faire jouer. Manque plus que les illustrations et là je me lance. Faut avouer que le squelette n’a pas la meilleure des saveurs, c’est un conte dans ce que ça a de plus classique avec un grand méchant très effrayant. Mais toute la chair que l’on peut mettre autour, les mécanismes d’innocences et les jauges de survie, la tombée graduelle dans un monde fantastique apportent un fumé au plat qui est très très appétissant. Bref, vivement la sortie que j’ai l’objet dans les mains.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez allez lire l’article de Christophe Chaudier et Yann Lefebvre dans Jouer avec l’Histoire, et vous y trouverez la recette qu’ils ont suivie pour concocter ce mets qui se déguste progressivement.

Bon jeu à tous !

PS : un grand merci aux Ecuries d’Augias pour m’avoir fait confiance et avoir joué le jeu, malgré le fait que je ne donnais aucune garanti (sauf celle de rester le plus objectif possible).

Publié dans JDR

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