Jouer avec l’Histoire un livre qui est bon (mangez-en)

Publié le par Heuhh

Alors ce livre fait 160 pages en format 138/190 Un peu plus gros qu’un livre de poche, c’est vraiment le format idéal, en plus le papier et la couverture à rabat sont vraiment de bonne qualité, juste ce qu’il faut. C’est le premier bouquin d’une longue série (on leur souhaite) dans la gamme La Fabrique du jeu de Rôle. Vous trouverez d’autres infos chez l’éditeur Pinkerton Press.

De quoi ça parle ?

Ben on parle d’Histoire avec une grand « H » et son utilisation dans le jeu de rôle. Pour cela le livre se découpe en 3 partie ;

I – Trois jeux, trois traitements de l’Histoire

Te Deum – Jean-Philippe Jaworski

Pavillon Noir – Renaud Maroy

Maléfices – Daniel Dugourd

> C’est trois articles sont vraiment une mine d’information sur la démarche créative avec la problématique de l’Histoire, de plus nous avons là trois exemples bien différents, en effet Te Deum nous pousse dans la France des guerres de religion, l’Histoire est donc très très présente, alors que dans Maléfices l’histoire se veut moins forte et est plus de l’ordre du contexte. Il est donc intéressant d’avoir le point de vue des auteurs pour savoir comment ils ont traité l’aspect historique de leur jeu, et même quel intérêt ils voient de jouer avec pour cadre l’Histoire. Comme j’aime bien en général connaitre les démarches des auteurs, j’ai été captivé par leurs présentations, surtout que c’était 3 jeux de rôles que j’avais au moins feuilletés.

II – Jouer dans un cadre historique

Ecrire et mener une campagne – Jérôme Larré

> Cet article était celui qui m’emballait le moins car Ecrire une campagne ne m’intéresse pas beaucoup, je ne suis donc pas la cible de cet article. Après lecture quand même, il y a pas mal d’infos à retenir pour meneur qui auront ainsi des ingrédients pour masteuriser des campagnes et faire fasse à l’improvisation. Par contre, gros défaut, ça donne envie de lire Tenga qui n’est même pas sorti !

Traiter l’Histoire par le genre – Romain d’Huissier

> Désolé pour les autres, mais c’est sûrement l’article qui m’a le plus intéressé dans ce livre. Pourtant au début, on se demande « mais où va-t-il ? » Puis finalement, on se laisse guider et on avale très rapidement son article. Pourtant, c’est pas mal de banalités, mais des fois de les voir écrites on les réalise un peu mieux. Donc là on apprend en quoi les « genres » peuvent rendre l’Histoire « sexy ». Oui je résume grossièrement, mais dans l’esprit…

Le Moyen Age des rôlistes – Antoine Dauphragne

> Cet article nous donne une vue des rôlistes sur le terme « moyen âge ». C’est intéressant, même si je pense que ça peut s’appliquer à tout un chacun avec des lectures médiévales fantastiques qui se démocratisent. Par contre, c’est sûrement l’article qui m’aura le moins apporté d’informations.

III – Les plaies vives de l’Histoire

 Traiter les thèmes difficiles – Christophe Chaudier et Yann Lefebvre

> Dans cet article, les auteurs expliquent comment dans Crimes ils traitent les thèmes difficiles. C’est intéressant de voir comment des auteurs sont obligés de faire avec un monde violent tout en restant neutre et en prenant des précautions. Mon regret est qu’ils ne parlent que de Crimes sans qu’il y ait d’ouverture. J’aurais préféré qu’ils parlent de manière générique en s’appuyant sur leur vécu avec Crimes. Bon étant donné que je masteurise ce jeu, ça ne me gène pas et au contraire ça m’apporte leur point de vue très intéressant sur leur manière d’aborder la création d’un scénario.

Nazisme et jdr – Olivier Caïra

> Un article intéressant sur la compatibilité ou non du nazisme avec le JDR. C’est un peu ce que l’on a vu dans les articles précédent mais avec un focus sur le Nazisme. Avec un focus sur un supplément pour Wraith qui aura beaucoup fait parler de lui.

Tentacules et Croix Gammées – Christophe Valla

> Là on a un peu le même type d’article que pour Crimes, voire que les 3 premiers articles, avec la démarche de création d’une campagne qui se déroulerait en 1942 avec toute la problématique qui se pose. Là aussi ça donne envie d’avoir la campagne entre les mains.

A cela s’ajoute pas mal d’encadrés, tous très intéressant, notamment un sur WarsaW avec quelques questions posées à l’auteur, un autre sur le cas Miles Christi. Peut être un moins bien réussi sur Arkeos qui est un peu trop superficiel. Disons qu’Arkeos aurait peut être mérité plus de pages. M’enfin, ce n’est pas la mort non plus. ;)

Le style des intervenants est assez éclectique, tout en restant propre et clair. Enfin pour « clair », je dirais quand même que quelques articles, sont desservis par un style un peu trop « scientifique » avec des tournures de phrases alambiqués et des utilisations d’un vocabulaire élitiste « qu’il faut chercher dans le dico ». Je me rappelle les forges de la fiction, où les parties « universitaires » étaient un peu indigestes bien qu’intéressantes.

Malgré ce dernier point, qui est plus qu’anecdotique, je recommande fortement cet ouvrage. Vivement la suite ! Si vous n'êtes pas totalement convaincu vous trouverez un article complet sur leur site.

EDIT : je rajoute ce paragraphe que j'avais oublié en écrivant cet article.

A la fin de la lecture, il me manque quand même quelque chose, on a 9 articles sans réelle interaction entre eux. Alors je me doute que demander à tous ces auteurs de rebondir entre eux ou de revoir leur copie après avoir relu les autres est plutôt de l'ordre du pas pratique jusqu'à l'impossible. Par contre, je trouverais intéressant de rajouter un article "réflexion sur ce qui a été dit", ou "ouverture", ou je ne sais pas. Un tout bête résumé ne serait pas vraiment un plus, mais un résumé intelligent serait sûrement un plus et une garanti de cohérence l'ouvrage


Bonne lecture à tous !

Publié dans JDR

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